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D.R.


Salomé Lelouch
Quand petite “fille de” devient femme d’influence
Malgré un père réalisateur et une mère actrice, Salomé Lelouch a choisi un chemin bien à elle en devenant directrice du Ciné 13 Théâtre, à Paris, mais aussi dramaturge. Elle fait partie de ceux qui sont nés avec un nom connu et dont le désir premier est de mettre en lumière les talents au nom inconnu. Une vocation audacieuse à l'image d'une jeune femme ambitieuse et déterminée.
Revenons déjà sur ce lieu que vous dirigez...
Il y a très longtemps, c'était le Théâtre du Tertre où des artistes comme Gérard Desarthe ou Michel Galabru ont fait leurs premiers pas. Ensuite, c'est devenu un lieu qui proposait théâtre et cinéma, d'où son nom Ciné 13 Théâtre, une cohabitation qui en faisait un lieu indépendant et multiculturel riche, mais dont la programmation était un peu anarchique. Notre désir premier était d'en refaire un lieu entièrement dédié au théâtre. J'ai pris la direction du lieu en 2003 avec Arthur Jugnot, puis Benjamin Bellecour en 2005. Aujourd'hui, on fait 80 % de création, ce qui est énorme pour un petit lieu, avec l'envie de faire découvrir des talents inconnus et des spectacles de qualité. Faire découvrir de jeunes artistes, des auteurs aussi au public d'où une programmation riche et, chaque année, au printemps, le Festival des mises en capsules qui propose 25 pièces, des formes courtes de trente minutes pendant trois semaines.

Directrice d'un théâtre à 20 ans, pourquoi ce choix ?

Mon père fait du cinéma, ma mère aussi en plus du théâtre, mais c'est surtout mon beau-père, Pierre Arditi, qui m'a transmis cet amour des planches. J'ai grandi dans les coulisses des théâtres dont j'adore l'ambiance. Contrairement au cinéma, le théâtre permet de faire, de monter et montrer beaucoup plus vite, et quand on a son propre lieu c'est encore mieux. C'est tellement magique d'avoir un espace de vie et de création où on peut laisser libre cours à de jeunes artistes, des professionnels qui voient tant de portes se fermer. Il y a tant de talents gâchés, stoppés par le manque d'argent, d'écoute. J'ai aussi ma propre boîte de production et nous, les "fils et filles de", on a une vision bien à part avec cette chance d'avoir appris plus tôt et plus vite. C'est un choix, très jeune j'ai été actrice et j'ai arrêté car ce qui m'intéresse ce n'est pas d'être dans la lumière, mais derrière en tant que productrice, metteuse en scène.

... Et, tout récemment, auteure aussi, avec cette pièce Qu'est-ce qu'on attend* ?

Oui, c'est ma première pièce. C'est une fratrie qui s'interroge sur ce que signifie "réussir sa vie", une pièce drôle et humaine. Je l'ai proposée à de nombreux théâtres qui la voulaient mais avec des "têtes d'affiche", alors j'ai dit non et je l'ai montée ici avec mon équipe, car ici c'est l'intérêt artistique et non commercial qui prime. Si directrice de théâtre c'est beaucoup de travail et de responsabilité, c'était aussi une chance et une grande liberté

*Qu'est-ce qu'on attend ?, éditions de L'Œil du Prince.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 07/02/2010

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