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© Marcel Hartmann


Patrick Timsit
décomplexé !
Timsit revient
à la Gaîté-Montparnasse pour nous faire partager, grâce
à son humour incisif, ce qui le touche et l'agace.
Patrick, ce spectacle est-il un nouveau spectacle ?
C'est le même mais pas pareil, en mieux ! Déjà, un spectacle vivant n'est jamais semblable d'un jour à l'autre. Surtout dans l'exercice du stand up qui implique, pour rester crédible, de réagir en direct, de faire entrer l'actualité qui a marqué les gens dans la journée ou la semaine. De plus, à la Gaîté-Montparnasse, je serai plus proche du public qu'à La Cigale, notamment. Le ton sera donc plus intime, plus sobre... ce qui ne veut pas dire moins virulent, au contraire ! Nous avons complètement démonté l'ossature du spectacle : on a tout posé sur l'établi, viré deux ou trois pièces et rajouté de nouvelles. Par exemple, nous venons d'écrire sur l'adoption, la différence de traitement entre couples et célibataires et la quasi-impossibilité d'adopter un enfant français. Mais par pudeur, ou par superstition, j'ai du mal à en dire plus.

Toujours avec vos complices, Bruno Gaccio et Jean-François Halin ?
Oui, nous fonctionnons parfaitement bien ensemble. On s'éclate à écrire. On a la même rigueur. Pourtant, on peut passer trois heures à parler et n'allumer l'ordinateur qu'une petite demi-heure. Entre-temps, ils m'évitent de me disperser dans tous les sens. Car nous n'écrivons pas des sketches. Je raisonne plutôt par association d'idées : j'ouvre des parenthèses que je referme plus tard.

Quels sont les moteurs de votre écriture ?
Je parle de ce qui me touche et surtout de ce qui m'agace, me heurte. Je m'intéresse avant tout à la vie, au social. Mais aujourd'hui, n'importe quel sujet, un accident d'avion, un emprisonnement à l'étranger, un enlèvement..., devient politique car nous avons un gouvernement très... dynamique. C'est une situation neuve, déstabilisante et donc très inspirante. Mon regard est décalé. Il peut être fort, dérangeant, incisif mais jamais méchant.

Quelles sont vos limites ?
Toujours avoir du fond et jamais nuire ni agresser ! Si je dois montrer du doigt le racisme, je deviens un gros raciste. Je vais jusqu'au bout pour camper un vrai salaud, un pourri, un gros macho. Je refuse le "politiquement correct". Sur scène, c'est un spectacle, pas un meeting. Dans la vie, je ne me permettrais pas de dire ce que je dis sur scène, à l'image d'un pilote de F1 qui roule à 350 km/h sur un circuit mais à 130 sur autoroute. Il peut y avoir des sorties de route, des dérapages, je m'en explique. Mon but est de faire rire, pas de faire mal.

Quel aurait pu être le titre de ce spectacle qui n'en porte pas ?
"Décomplexé !" Comme la politique aujourd'hui. Ça ne veut plus rien dire de surveiller son langage, sa façon de s'habiller. L'outrance est reine. Il faut y aller, suivre l'exemple : être décomplexé !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 25/12/2009

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