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Sacha Petronijevic
© Bruno Perroud


“Trahisons”
Le talent en exil
Mitch Hooper est un auteur et metteur en scène anglais, vivant à Paris depuis 1981, et Sacha Petronijevic est un comédien serbe, vivant à Paris depuis 1999. Deux hommes qui ont appris à parler français et à vivre en France, non par nécessité mais par envie. Rencontre avec deux talents venus d'ailleurs.
Si Mitch Hooper monte aujourd'hui Trahisons, ce n'est pas un hasard : "Je l'ai déjà monté en anglais. et 'Le Monte-Plat' de Pinter s'est joué à l'Essaïon pendant plusieurs mois. J'adore son écriture mais aussi l'homme car je l'ai connu. Ça me coûte de parler de lui au passé... J'avais écrit une pièce sur le shah d'Iran et je lui ai envoyée sans le connaître, il travaillait alors au National Theater comme metteur en scène. J'espérais l'intéresser mais sans grand espoir. Contre toute attente, deux semaines plus tard, je reçois une lettre de sa part de remerciements. J'étais surpris et honoré. Ce premier contact avec Pinter m'a permis de le recontacter des années plus tard. En 1998, il venait à Paris pour monter sa pièce 'Ashes to Ashes' et j'ai travaillé à ses côtés comme assistant. Selon moi, Harold Pinter est le plus grand auteur dramatique du monde. C'était un dramaturge de talent, un homme très loyal, très riche émotionnellement, étonnant et inattendu, qui pouvait piquer des colères monstres, tout en étant quelqu'un d'attentif, de bienveillant, chaleureux et passionné." Et de rajouter : "En 2000, j'étais aussi l'assistant de David Leveaux, qui a monté cette pièce au théâtre de L'Atelier. 'Trahisons' est une pièce fétiche pour moi. On peut la reprendre à l'infini car en fonction des acteurs et de la direction, elle vibre différemment, c'est assez fascinant ! Mais comme souvent chez Pinter, c'est une pièce à multiples facettes. C'est là une grande partie de son génie."

Sacha Petronijevic, mémorable Victor Hugo aux côtés d'Anthea Sogno dans Victor Hugo mon amour, a lui aussi une vraie admiration pour Pinter : "J'ai joué 'Le Monte-Plat' quand j'étais encore en Serbie, c'est vrai que la rencontre d'un comédien avec un auteur aussi talentueux est quelque chose de mémorable. 'Trahisons' repose sur le trio classique de jalousie, mais l'intérêt de cette pièce est qu'on vit cette histoire en remontant dans le temps. On découvre à chaque fois de nouvelles trahisons." Outre Pinter, Sacha a toujours été attiré par la culture british : "Petit, j'adorais regarder les Monty Python et j'étais dans ce qu'on appelle 'l'american dream'. Mais on a tous cette culture commune anglo-saxonne et surtout américaine, malgré les frontières. J'ai tenté Londres d'ailleurs, ça a été une catastrophe. À Paris, j'ai dû repartir de zéro, apprendre une nouvelle langue, trouver un travail. J'ai fait de belles rencontres comme Mitch ou Anthea. J'aimerais maintenant traduire des auteurs serbes inconnus ici, mais qui mériteraient d'être connus. J'ai toujours voulu être comédien, j'ai tenu bon. Tout est une question de détermination et aussi un peu de chance. L'amour et le besoin du théâtre ensuite, c'est comme un virus : on est malheureux dès qu'on ne joue plus ! Sûrement que ma nature et ma culture serbe apportent quelque chose à mon travail, mais désormais, pour moi c'est lié au passé. On est tous étrangers quelque part non ? On vient tous d'ailleurs géographiquement ou dans notre cœur. On est tous à notre façon des déportés."

Harold Pinter
en 10 dates
Auteur et metteur en scène anglais, Pinter a inscrit son œuvre, au départ, dans le style du théâtre de l'absurde pour finir dans un style plus engagé politiquement. Il a écrit pour le théâtre, la radio, la télévision et le cinéma.


* 10 octobre 1930, il naît à Londres dans une famille d'origine russe et de confession juive ;
* de 1949 à 2001, il écrira 15 romans ;
* de 1957 à 2002, il écrira 43 pièces de théâtre dont 10 ébauches ;
* 1973, il devient directeur associé du National Theater à Londres ;
* 1996, il est nommé Commandeur de l'ordre de l'Empire britannique ;
* 2002, il devient membre des Compagnons de l'Honneur ;
* 2003, il écrit sa dernière œuvre War, un recueil de poésies sur la guerre ;
* 2005, il obtient le prix Nobel de littérature, justifié en ces termes : "Il découvre l'abîme sous les bavardages et se force un passage dans les pièces closes de l'oppression." Il déclare cette même année qu'il n'écrira plus et qu'il se lance dans la politique ;
* 2007, il est fait chevalier de la Légion d'honneur ;
* 24 décembre 2008, il meurt des suites d'un cancer à Londres.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 18/10/2009

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