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© Jean Tholange


Jean-Jacques Vanier
L’humour en recherche de liberté
Cet artiste à l'humour profond, cet auteur sensible aux textes toujours cruellement humanistes, nous revient au théâtre de la Pépinière dans son dernier spectacle "Elles". Rencontre avec un homme à part, en perpétuelle quête de réponses...
Parlons brièvement de votre parcours.
J'ai l'impression de dire tellement de choses intimes quand je suis sur scène, que je n'en ressens pas le besoin d'en dire plus dès que je n'y suis plus. Pas l'habitude de parler de moi. Pour faire court : j'ai commencé tardivement à 25 ans, après des études de kinésithérapeute. J'avais depuis longtemps l'envie d'être comédien, mais je n'avais pas prémédité d'évoluer dans un répertoire comique. J'ai pris tous les cours possibles : théâtre, chant, claquettes... Puis, j'ai rencontré John Strasberg qui fut mon maître pendant plusieurs années, il m'a apporté une grande maturité de jeu. J'ai soldé ce parcours avec une rencontre importante : François Rollin début 1990.

Avec lequel vous avez travaillé sur vos trois seul-en-scène ?

Oui. Dans l'exercice du seul-en-scène, nous sommes dans un échange perpétuel où chacun se nourrit de l'autre, dans l'écriture d'abord, puis dans nos rôles d'interprète et metteur en scène. Nous avons ainsi créé trois spectacles. En 1998, L'Envol du pingouin, deux fois nominé aux Molière en 2000, puis 2007, et que je joue encore. C'est un spectacle sur le passage de l'enfance à l'adulte. À quel moment devient-on vraiment adulte ? Le devient-on réellement un jour ? Un homme revient ainsi sur son parcours d'enfant pour tenter de devenir un adulte libre. Ensuite, il y a eu À part ça la vie est belle, spectacle évidemment comique, mais qui parle ici de la mort, de la transmission. Je venais d'être père et je me suis senti rattrapé par le temps, par l'angoisse de la mort. J'ai voulu ce spectacle pour en rire et m'en libérer. Et enfin, Elles, écrit en mai 2008, tourné pendant un an en province et qui arrive enfin à Paris. Un homme veut comprendre les femmes, en savoir plus sur elles et, pour ce faire, il va tenter de se mettre à leur place. J'essaie de me libérer de la complexité du rapport hommes-femmes. Assurément, ce serait trop simple si c'était simple.

Le terme qui revient pour chacun de vos spectacles est "se libérer".

À chaque fois que j'écris un spectacle, la question n'est pas de savoir quoi écrire pour faire rire. Le "Que dire pour avoir l'étiquette rire garanti 100 %" ça ne m'intéresse pas du tout ! La question est : qu'est-ce que j'aimerais dire aujourd'hui. Qu'est-ce qui m'anime, m'angoisse, me pose questions ? C'est important d'écrire avec ses préoccupations intimes et j'aime le rire profond, qui vient de loin. C'est vrai, qu'à présent, j'ai réussi à me débarrasser de cette nécessité de convaincre que ce soit sur scène ou dans la vie. Je me suis libéré.


* Il est aussi l'auteur de Vive les vacances !, aux éditions Chiflet et Cie. "Ce sont des brèves de vacanciers que j'ai relevées çà et là, qui dressent un portrait des Français en vacances et qui montrent combien ils sont drôles !" J.-J. Vanier
Interview par Samuel Ganes
Paru le 04/09/2009

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