Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

© Gaëtan Berbard


Marina Hands
au plus près de Claudel
Après son succès salle Richelieu, la Comédie-Française reprend au théâtre Marigny la mise en scène de "Partage de midi" signée par Yves Beaunesne, en 2007. En compagnie de Christian Gonon, Éric Ruf et Hervé Pierre, Marina Hands interprète une Ysé pleine d'humanité.
Après Tête d'or, en 2006, Partage de midi est la seconde pièce de Paul Claudel que vous interprétez. Quel regard portez-vous sur cette écriture ?
Paul Claudel est l'auteur d'une œuvre très physique, très organique, une œuvre qui donne naissance à une magnifique poésie du corps. J'ai l'impression de comprendre intimement, quasi naturellement le souffle et l'énergie avec lesquels il a construit ses pièces. Comme toutes les grandes écritures, en tant que comédien, on se sent rapidement très proche d'elle. Car la langue de Claudel est une langue qui aide à jouer. Il y a déjà tout dans Tête d'or ou Partage de midi : il ne reste plus qu'à s'en emparer avec le plus de justesse et de profondeur possible.

Concrètement, comment atteint-on cette justesse et cette profondeur ?

Jouer une pièce de Claudel demande beaucoup de travail. Je crois que, dans un premier temps, il faut envisager cette langue de façon très rigoureuse, très technique, comme on pourrait suivre une partition. Ensuite vient le temps de l'incarnation : cette écriture a besoin d'être complètement digérée par le comédien pour pouvoir être vraiment pleine de vie. Le danger est vraiment de se laisser écraser par la beauté de cette poésie.

Comment pourriez-vous caractériser la mise en scène d'Yves Beaunesne ?

Il a voulu entrer dans la pièce avec une grande humilité afin de mettre en valeur les acteurs et le drame qui se joue entre les personnages. Sa mise en scène fait preuve de beaucoup de sobriété, d'une grande délicatesse.

Comment avez-vous travaillé ?

Nous sommes vraiment partis du texte. Nous avons beaucoup lu. Nous nous sommes posé toutes les questions qu'il était possible de se poser, un peu comme des explorateurs. Ensuite, nous avons travaillé sur le poème de la façon la plus simple et la plus directe. Car, nous tenions à être proches de Claudel, à ce que le spectacle soit d'une grande clarté, à tout réinventer à partir de l'œuvre et non à partir d'une idée de l'œuvre.

Quelle Ysé incarnez-vous ?

J'incarne une Ysé faite de chair et de sang, une femme complexe qui cherche, à travers différents hommes, un amour absolu qu'elle ne trouve pas. Il s'agit d'un personnage très touchant, à la fois lumineux et obscur, un personnage qui se laisse emporter par lui-même, qui s'abandonne totalement à son désir de fusion. Partage de midi est une histoire poétisée, mais il ne faut pas oublier que Paul Claudel s'est inspiré de sa propre vie pour l'écrire. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai souhaité rendre Ysé très humaine. Car, ne pas raconter toute l'humanité de ce personnage reviendrait à ne pas rendre justice à l'histoire vraie qui est à l'origine de cette pièce.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 24/09/2009

-
Haut