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Juliette Meyniac
© Bruno Perroud


Les hommes préfèrent mentir
au théâtre Saint-Georges
Après "Les Belles-Sœurs" et "Secrets de famille", Éric Assous s'apprête à nous divertir avec "Les hommes préfèrent mentir", une pièce "joyeusement pessimiste" selon l'auteur.
Éric, alors, les hommes sont des menteurs ?
Oui ! Ils se sentent plus à l'aise dans le mensonge que dans l'expression de la vérité alors que les femmes préfèrent les situations claires. Pour schématiser encore plus, je dirais que les hommes sont fourbes et lâches et les femmes dures et impitoyables. Mais rassurez-vous, mes personnages sont plus contrastés.

Que nous raconte cette comédie ?
C'est une pièce chorale mais avec un personnage central, Simon, qui rentre annoncer à sa femme qu'il la quitte pour une autre. Or, sa femme a invité trois célibataires, dont sa meilleure amie... au cas où... Deuxième catastrophe, sa maîtresse, qui n'en peut plus d'attendre, arrive à l'improviste au milieu du dîner. Alors, ce qui aurait dû se passer dans l'intimité se déroule devant des témoins qui ne vont pas se gêner pour dire ce qu'ils pensent. Dans le deuxième tableau, on les retrouve deux ans et demi après. Leur situation a évolué mais, contrairement aux apparences, ça ne va pas mieux.

Vous aimez bien traiter du malaise semble-t-il ?
Oui, j'aime les situations qui virent à l'épouvantable à cause d'un grain de sable. J'aime explorer les non-dits, les tensions souterraines, les regards qui en disent long, jusqu'au moment où ça pète, là, ça fait des dégâts. J'aime amuser les spectateurs avec des situations inconfortables. Mais chaque fois que j'écris une pièce ou un scénario, ma priorité est que l'histoire paraisse vraisemblable et nous renvoie une image qui nous ressemble, que ses personnages aient les mêmes failles, les mêmes désirs que nous.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Je prends très peu la parole en public. Je regarde, j'écoute. Et j'ai tendance à toujours voir le mauvais côté des choses, à croire qu'on n'est pas très bien lotis par la vie. Enfin, je reste persuadé que les gens heureux n'ont pas d'histoires et que la comédie vient du malheur des autres !

Pourtant, vous êtes un auteur heureux !
Oui, et doublement à la rentrée, puisque j'ai aussi écrit L'Illusion conjugale qui se jouera au théâtre de l'Œuvre avec Isabelle Gélinas et José Paul, mis en scène par Jean-Luc Moreau. À nouveau, une variation sur la conjugalité, ses aléas et ses corollaires !



Juliette Meyniac

que l'on a vue récemment dans "Ma femme est folle", y joue aux côtés de François-Éric Gendron, Véronique Boulanger, Cyrille Eldin, Manuel Gélin, Muriel Huet des Aunay et Mathilde Pénin.


Juliette, quel personnage interprétez-vous ?
Une femme qui approche de la quarantaine et a tout essayé pour trouver l'amour, Meetic, le speed dating... en vain. Pourtant, elle est drôle et intelligente. Un seul problème, elle boit beaucoup, mais elle a le vin gai. Lors du premier dîner, sa copine a invité pour elle deux hommes, en principe bons à marier. Or, l'un vient de se marier à Las Vegas, l'autre est homo. Mais comme ce dernier ne s'assume pas, il brouille les pistes au point qu'on les retrouve mariés. Elle est heureuse et ne sait toujours pas la vérité sur son mari. Le ciel va lui tomber sur la tête lors du deuxième dîner !

Qu'est-ce qui vous plaît dans ce rôle ?
C'est une fille d'aujourd'hui dans une situation actuelle. On voit qu'elle n'est pas aussi bien qu'elle le paraît. J'aime l'idée de faire passer ce mélange d'émotions tout en restant dans le registre de la comédie car elle cumule les gaffes. C'est aussi la première fois que je joue une femme qui boit. L'ivresse est délicate à travailler. C'est un vrai plaisir d'interpréter un personnage qui n'est pas lisse.

Et que vous inspire la pièce ?

Je suis d'accord sur le fait que les hommes ont du mal à choisir et qu'ils mentent parce qu'ils se mentent à eux-mêmes. Une femme ne s'embête pas avec des situations fausses. Elle opte pour la vérité, même si elle est dure à avaler. Quant à l'écriture d'Éric Assous, j'aime qu'elle aille dans la profondeur des sentiments et, son ton naturel et vrai. Et puis, ça balance énormément dans la pièce. Les personnages sont méchants entre eux, ils ne prennent pas de gants, ils sont cassants. C'est vraiment drôle !
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 18/09/2009

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