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D.R.


Christophe Lidon
pour “La Serva amorosa” au Théâtre Hébertot
Après "L'Antichambre" et "Le Diable rouge", Christophe Lidon nous convie à un nouveau voyage dans le temps avec cette adaptation du chef-d'œuvre de Carlo Goldoni pour laquelle il a réuni Clémentine Célarié, Robert Hirsch et Claire Nadeau.
Pour quelle raison êtes-vous particulièrement fasciné par les XVIIe et XVIIIe siècles ?
C'est une époque qui nous force à créer des héros dont l'intelligence doit être à la hauteur de l'élégance : Mme du Deffand ou Mazarin, par exemple, sont des joueurs d'échecs à la séduction diabolique ! J'ai toutefois pensé et conçu cette Serva amorosa comme un vrai plaisir familial. C'est la première fois, sur un spectacle, que j'ai la sensation de devoir fédérer enfants, parents et grands-parents. Car les pièces de Goldoni sont avant tout des histoires de troupe, de famille, d'où la nécessité de réunir autour de soi des artistes que l'on aime et qui jouent le jeu d'une aventure chorale.

En quoi, selon vous, Clémentine Célarié fait-elle figure de Coraline idéale ?

C'est justement une femme de troupe, d'enthousiasme, qui s'engouffre dans les rôles généreux. Coraline est un personnage étonnant, qui se mêle de tout, aime ses proches et essaie de tirer le meilleur de chacun, afin que l'histoire ait une conclusion heureuse pour ceux qui l'entourent. Le texte a été écrit au milieu du XVIIIe siècle mais l'on sent déjà un air de liberté avec cette domestique qui prend des initiatives. Mais Coraline respecte les castes et estime que chacun, pour être heureux, doit trouver sa juste place dans la société, sans chercher à s'élever au-delà de ce qui est socialement acceptable. La pire des choses qui pourrait lui arriver serait qu'on l'accuse d'avoir manipulé son jeune maître et de s'être enrichie par des manigances, alors qu'elle ne souhaite que son bonheur. Elle ressent à son égard une affection profonde liée au fait qu'il est probablement son frère de lait. Clémentine incarne ses valeurs avec le brio qu'on lui connaît. Convaincre Robert Hirsch a bien sûr été une grande joie. Le duo qu'il campe avec Claire Nadeau dans le rôle de Béatrice est jubilatoire ! Claire apporte son humour, sa drôlerie, mais elle représente également l'autorité et joue la méchante avec délectation. Méchanceté relative car il n'est pas si simple d'être mère et veuve au XVIIIe siècle : ici, détourner l'héritage du fils légitime est avant tout destiné à assurer sa survie dans un univers masculin.

Quelles couleurs donnerez-vous à l'Italie de Goldoni ?

Ce spectacle doit être global : une chambre, elle-même dans une maison, une rue, un quartier, une ville... Pour que le spectateur ressente ce principe de poupée gigogne, j'ai commandé une armature dont il ne resterait que les escaliers et les fenêtres afin de recréer toutes les demeures dont il est question dans la pièce. Les costumes sont d'essence XVIIIe siècle mais nous nous sommes amusés à introduire quelques détails anachroniques !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 16/09/2009

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