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© Elisabeth Carecchio
D.R.


Stéphane Braunschweig
de la profondeur à la jubilation
Après neuf ans passés au Théâtre national de Strasbourg, Stéphane Braunschweig succède à Alain Françon comme directeur du Théâtre national de la Colline. Le metteur en scène place sa première saison sous le signe des "rêves d'héroïsme et de radicalité".
Quelles sont les grandes lignes du projet qui vous a porté à la tête du Théâtre national de la Colline ?
Tout d'abord, je souhaite garder l'axe de répertoire établi par Alain Françon. Sous sa direction, la Colline s'est ouverte aux textes de la fin du XIXe siècle, remontant ainsi jusqu'à des auteurs comme Ibsen ou Tchekhov, auteurs ayant fondé la modernité théâtrale. Je souhaite également ouvrir les scènes de ce théâtre aux gestes théâtraux contemporains qui ne se fondent pas exclusivement sur des textes écrits. C'est dans ce cadre que le collectif d'Ores et Déjà présentera deux de ses créations. Cette compagnie crée des spectacles au sein desquels la parole, bien que prépondérante, se fonde en grande partie sur des improvisations. Beaucoup d'artistes se lancent, aujourd'hui, dans des expériences de ce type. Il me semble important de faire une place à ce genre de spectacles. Tout comme il me paraît important de permettre au public de découvrir des metteurs en scène émergents. Cette saison, de jeunes artistes comme Guillaume Vincent et Rodolphe Dana côtoieront des artistes aux parcours plus importants : Bernard Sobel, Sophie Loucachevsky, Stanislas Nordey, le metteur en scène allemand Michael Thalheimer... Quant à Daniel Jeanneteau et Marie-Christine Soma, ils seront artistes associés à La Colline.

Vous avez orienté votre première saison autour de la thématique des "rêves d'héroïsme et de radicalité"...

Oui, six des douze spectacles programmés en 2009-2010 traiteront de cette problématique. Chaque année, un fil rouge permettra ainsi à différents spectacles de se répondre les uns les autres, de confronter des points de vue, de tisser des liens entre eux en se faisant écho.

En définitive, quelle sorte de théâtre souhaitez-vous soutenir à La Colline ?

Pour moi, le théâtre doit tendre à un équilibre entre la profondeur de questionnements sur le monde et une logique de plaisir. Même lorsqu'il est le plus noir, le théâtre doit toujours procurer au public une forme de jubilation, qui peut être une jubilation intellectuelle. C'est là l'un des éléments fondamentaux des spectacles que je souhaite présenter à La Colline. Car, c'est quand le théâtre parvient à cet équilibre qu'il est le plus fort, le plus utile et, sans doute, le plus populaire.

Vous mettrez en scène, cette année, deux pièces de Henrik Ibsen...

Oui, une pièce très connue, Une maison de poupée, et une autre, qui n'est pratiquement jamais jouée, Rosmersholm. Pour moi, mettre aujourd'hui en scène des pièces d'Ibsen, c'est faire le lien avec l'un des grands moments que j'ai vécu à La Colline : la mise en scène de Brand, en 2004. Henrik Ibsen pose de manière très forte la question de la radicalité : comment peut-on échapper aux cadres pour lesquels nous sommes formatés ? Il s'agit d'un auteur passionnant, dont les pièces résonnent, aujourd'hui, de façon extrêmement pertinente.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 05/10/2009

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