Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

Marianne James
Pascalito


“Les Insatiables”
Avec Marianne James et Patrick Braoudé
La nouvelle création de Guila Braoudé marque le retour au théâtre de son époux, Patrick, et de Marianne James qui, aux côtés de Lionel Abelanski, incarnent cette farce féroce et torride du dramaturge "ovni" Hanokh Levin, exposant sans pitié les affres de l'amour déçu par la plus vile mesquinerie.
Laissons Guila Braoudé, en spécialiste de Levin, nous présenter la substantifique moelle de l'œuvre du dramaturge israélien décédé en 1999 et que le théâtre français commence à peine à explorer : "Découvrir le travail de Levin, c'est pénétrer nos questions existentielles par le biais de farces modernes qui pousseraient nos peurs profondes à leur paroxysme, en pointant la difficulté d'aimer face à nos lâchetés et notre effroi de la solitude et de la mort." Et aux comédiens de brosser le portrait de ces "insatiables", handicapés de l'amour, champions du ratage de la vie de couple : "J'avais très envie de revenir au théâtre que j'avais quitté en 1981 pour le cinéma", confie Patrick Braoudé, "et Guila m'a piégé avec ce texte qu'elle monte avec sa distribution idéale : l'osmose entre Marianne, Lionel et moi est totale ! Nous nous amusons d'autant plus que nous travaillons sur une pièce très particulière, à contre-courant.

On est dans le cash. Les personnages se balancent sans cesse en pleine figure et sans réfléchir ce qu'ils pensent. À peine entrevoient-ils un rayon de soleil qu'ils s'empressent de redéclencher la tempête ! Au moment où ils pensent avoir enfin réuni tout ce qu'ils désiraient, ils se rendent compte qu'il leur manque encore le petit quelque chose qui va tout faire capoter ! Ils sont horripilants, mais tellement maladroits qu'on finit par s'y attacher. Mon personnage a hérité de son père 10 000 boîtes de préservatifs qu'il a décidé de vendre. Alors lui vient l'idée de s'associer à une pharmacienne. Comme il l'aime, il lui propose de l'épouser si elle accepte de distribuer sa camelote. Raison pour laquelle toutes leurs tentatives sentimentales échouent car ils subordonnent l'amour à l'argent.

Ils ne veulent rien donner sans échange. Ce sont des petites gens, traumatisées, pathétiques, mais flamboyantes. Guila tient à ce qu'ils soient rutilants car ce n'est ni une pièce triste, ni misérabiliste. Comme il s'agit d'une fable, les lieux sont suggérés et Guila nous envoie par moments dans le cosmos comme pour mieux nous rappeler que ces êtres ne sont que poussière à l'échelle de l'univers." Pour tenir la dragée haute à ces messieurs et camper la plantureuse Bella, Marianne James s'est parée de ses plus beaux atours : "C'est une femme de 40 ans, très chic du rouge à lèvres, les cheveux relevés, a priori charmante, qui a vécu. Lui entre avec un diable dans sa pharmacie pour vendre ses préservatifs. Elle n'est guère intéressée par ses condoms périmés mais ils finissent par se chauffer et conclure physiquement. Bella est cependant courtisée par un autre type qui a les aspirations de tout un chacun : avoir un joli intérieur et une tendre épouse.

Mais c'est un rat : il propose de s'installer chez la dame mais certainement pas de prendre un appartement ! Il l'invite au théâtre, mais lui refuse le restaurant car il n'a de l'argent que pour un ticket de bus ! Bref, il veut la baiser sans dépenser un centime. Bella ne vaut guère plus cher car, cherchant son intérêt, elle hésite entre les deux zigues et se perd dans des conjectures sordides. On les voit à 40 ans, à 60, mais vingt ans plus tard rien n'a changé ! Ce sont les mêmes, simplement usés. On espère qu'ils auraient fini par comprendre que leur petitesse était la cause de tous leurs malheurs, mais non ! Il y a toutefois une fête du corps : il faut tellement de fois faire l'amour que nous avons eu recours à un metteur en gestes, Ged Marlon, pour ne pas basculer du cash ou trash. Comme Bella aime le sexe, j'offre mes seins et mes fesses avec un côté SM autoritaire. C'était une volonté de Guila de placer une maîtresse femme aux côtés de deux mômes.

Je fais 1,90 m avec mes talons, eux ne dépassent pas 1,70 m, et quand Patrick plonge sa tête dans ma poitrine qu'il a aussi grosse qu'un de mes seins, il devient une hydre à trois têtes ! Après avoir assisté à un tel gouffre de ratage, je pense que les spectateurs rappelleront ceux qu'ils boudent depuis une semaine ! Ces trois abrutis tenaient leur bonheur entre leurs mains, l'ont écrasé comme des sales gosses et se permettent encore de râler après Dieu qui devrait les anéantir !"
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 07/09/2009

-
Haut