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© Bruno Perroud


Frédéric Recrosio
Depuis janvier avec "Aimer, mûrir et trahir avec la coiffeuse", il raconte avec humour les affres d'un trentenaire, tour à tour célibataire ou amoureux.
Suisse, vous habitez Paris depuis 2006. Vous y sentez-vous chez vous ?
En fait, je ne sais pas trop où c'est chez moi ! Ce fut assez dur de m'adapter, je suis devenu insomniaque, j'ai du mal à accepter la rudesse des rapports, le manque de courtoisie, de ponctualité... mais chez moi, c'est surtout là où il y a les gens que j'aime bien et comme il y en a de plus en plus ici, ça me va !

Qu'est-ce qui vous a poussé vers la scène ?
Étant un grand lecteur, je me suis vite mis à écrire. Mais face aux grands écrivains, je ne me sentais pas à la hauteur. Alors, j'ai choisi de parler, car je suis un grand bavard. Et tout naturellement, je suis monté sur scène. Puis, ce fut la radio suisse, dans une émission en direct de satire politique et sociale. J'ai continué à écrire, un édito dans un gros supplément dominical et des capsules radiophoniques sur la psychologie et les rapports hommes- femmes, ce que je fais encore aujourd'hui... y compris sur scène.

À ce sujet, votre dernier spectacle vous montre un peu désabusé, l'êtes-vous ?
Oui et non. Victor Hugo disait "aimer c'est la moitié de croire" ! J'apporte surtout un témoignage, des choses vécues, par moi, par d'autres. Ma vie n'est pas intéressante. Par contre, ce que j'en fais est ce qui nourrit mon spectacle. Et je suis persuadé que c'est dans le désespoir que la gaieté existe. J'ai d'ailleurs l'impression que si les gens rient à mes spectacles, c'est parce qu'ils ont le cœur cabossé. Pourtant, on veut toujours recommencer, même si ça laisse des cicatrices alors que quand on est heureux y a pas de marque. Sur ce sujet, Byron disait "le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur mais le souvenir du malheur est du malheur encore". On est sauvé si on continue à être ému et l'amour c'est comme l'alcool : ça donne mal à la tête, on connaît ses conséquences néfastes et on recommence parce que c'est tellement bon... pendant !

Après l'adolescence puis la découverte de l'Amour, la paternité sera-t-elle votre prochain thème ?
Je raconte ce qui m'a marqué. Or, je n'ai pas d'enfant... Et s'il ne m'arrive rien de fort, il n'y aura pas de suite, par respect pour les précédents qui visitaient des zones existentielles et par exigence vis-à-vis du public. Fabriquer de la blague ne m'intéresse pas. J'ai d'autres projets : toujours la radio avec Le Fou du Roi, le clip d'une chanson qui est dans mon dernier spectacle Les filles sont folles, l'écriture d'un scénario et la préparation d'un récital avec des chansons qui racontent des histoires dans différentes couleurs musicales et des intermèdes parlés, l'inverse de ce que je faisais jusqu'à présent donc. Enfin, il y a la sortie de mon DVD.
Interview par Caroline Fabre
Paru le 02/08/2009

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