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© Bruno Perroud


Olivier Lejeune et Virginie Stevenoot
“Pipoles” sans paresse !
Ils ne connaissent pas le repos. Olivier Lejeune signe le texte, la mise en scène et joue aux côtés de Danièle Gilbert "Presse Pipole" au Palais-Royal. Virginie Stevenoot leur donne la réplique chaque soir, tout en interprétant deux autres pièces à des horaires et lieux différents. Certainement, ces deux-là "en ont dans le jarret" !
Olivier, votre pièce arrive à Paris après un beau succès en tournée...
Olivier Lejeune :
Il est plus prestigieux de créer les pièces à Paris, puis de partir en tournée. Mais Robert Lamoureux m'a toujours conseillé le contraire. Je ne suis jamais content de moi, j'essaye constamment d'améliorer le texte. En tant qu'auteur, je connais les effets de ma pièce, sinon ça ne pardonne pas. On n'a pas droit à la faute. La province est souvent plus indulgente que Paris.

Virginie, quel metteur en scène est Olivier ?
Virginie Stevenoot :
La mise en scène est une évidence pour lui puisqu'il est l'auteur. En revanche, c'est un chef d'orchestre très difficile. Il est plus confortable de travailler des pièces d'auteurs morts que vivants ! Il a exactement la musique de son écriture dans l'oreille - une partition très précise -, et si on n'a pas le bon tempo, la bonne note avec le bon déplacement, c'est illogique.
O. L. : Je trépigne mais je me soigne ! Je sais que je n'aurai jamais l'once d'un problème avec cette équipe : ils sont de la même famille avec la même éthique, le même soin du rythme, la même précision. Il faut des gens généreux au théâtre, des gens qui ont envie de donner sur scène, qui ne s'économisent pas et qui sont à l'écoute de leurs partenaires. Tout ce qui tire la couverture à soi est à proscrire.

Virginie, comment se positionne-t-on quand on a votre expérience du métier à côté d'une tête d'affiche comme Danièle Gilbert, qui pratiquement débute sur les planches
V. S. :
Je n'ai pas la prétention de dire que je suis une comédienne confirmée. Loin de là. Et Danièle est tellement adorable. Il y a cinq ans, j'ai raccroché les plumes car je dansais au Paradis Latin. J'ai pris des cours chez Jean-Laurent Cochet, et en cinq ans, j'en suis déjà à dix pièces. Je ne chôme pas, j'adore cela.
O. L. : Virginie a un emploi très rare : elle est à la fois très belle et très drôle. Pour un metteur en scène et auteur, il est rarissime de trouver quelqu'un comme cela : les laiderons font rire, mais les grandes jeunes premières fantaisistes sont rares ! Elle a un sens du rythme, et on reconnaît là la danseuse. Nous avons la même exigence.

Y a-t-il une méthode pour faire rire au théâtre ?
V. S. :
Le rire fonctionne à l'énergie. Je retrouve dans le théâtre comique le même univers que celui de la danse. Il faut y aller. À la moindre baisse de tension, les effets ne passent pas le deuxième rang !
O. L. : Robert Manuel disait que les pièces de Boulevard sont des "pièces de jarret". C'est passionnant de voir l'implication du travail physique avec le texte. Au Boulevard ou dans le divertissement, on ne traîne pas. On avance, on avance ! Mes textes sont écrits comme des bombes, on envoie des scuds, et bing-bing ! Les rires indiquent qu'on a atteint la cible !
V. S. : Ce théâtre est mal reconnu parfois. C'est un peu le problème de Dany Boon avec Les Ch'tis. C'est un aspect sectaire que j'ai rencontré dans le milieu de la danse. Quand vous faites du music-hall, vous ne faites plus partie de la caste de la danse classique. Alors que nous faisons le même métier. C'est tout aussi dur de descendre un escalier avec un costume de 10 kg et des talons sans regarder les marches ! C'est très difficile de faire rire. C'est du spectacle vivant.

Pourquoi avoir choisi ce thème de la presse people ?
O. L. :
La "presse pipole" est la presse la plus lue au monde, et ce thème me permet de renouer avec mes premières amours chansonnières en réactualisant le texte tous les soirs avec l'actualité. On dit beaucoup de méchanceté et cela plaît énormément dans ce magazine Le Torchon ! Tatouvu, cela aurait été pas mal comme titre aussi (rires) ! Il y a des rebondissements en permanence avec l'actualité de ces people passés à la moulinette ! C'est même interactif car on fait une conférence de presse avec le public ! Je viens de publier chez Hachette un ouvrage Mémoire d'éléphant avec des anecdotes de célébrités, les méthodes pour mémoriser très vite et de nombreux exercices. La mémoire est mon cheval de bataille depuis toujours, c'est très utile pour les comédiens, mais aussi pour tous, de 5 à 175 ans !
Interview par François Varlin
Paru le 12/08/2009

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