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© Bruno Perroud


Alexis Michalik
Un figaro des temps modernes
Dernièrement remarqué avec son "Roméo et Juliette" déjanté où ils jouaient tous les personnages à seulement trois comédiens au Ciné 13 Théâtre, Alexis Michalik et sa troupe nous convient à une nouvelle adaptation shakespearienne et musicale : "La Mégère à peu près apprivoisée". Interview d'un théâtreux qui a la niaque.
Alexis, comment avez-vous commencé ?
J'ai fait du théâtre adolescent et, à 18 ans, bac en poche, j'ai trouvé un agent. Dès ma première audition, j'ai été engagé par Irina Brook. J'ai beaucoup appris à ses côtés. Elle met le comédien au centre de tout, insufflant un vrai désir de troupe, de travail en groupe, avec et à travers l'autre. Ce sont des valeurs qui me sont restées. Puis je suis rentré au Conservatoire de Paris 19e et j'ai créé ma propre troupe : Los Figaros !

Pourquoi Los Figaros ?
Notre première pièce créée en 2005 en Avignon était Le Mariage de Figaro. C'est un personnage intelligent, à l'écoute des autres, insolent, un homme du peuple, très représentatif de mes envies artistiques en fait. Étant tous assez jeunes et voulant faire du théâtre de qualité, à la fois subtil et populaire, absolument pas élitiste, il était logique que nous nous appelions ainsi.

Aujourd'hui vous proposez une version musicale de La Mégère apprivoisée...
Inspirée oui. Nous l'avons créée en Avignon il y a trois ans. Nous sommes sept comédiens pour jouer tous les rôles et on chante. Cole Porter avait déjà fait un musical de cette pièce : Kiss Me Kate. Nous sommes repartis du texte original et nous avons fait des ajouts et des réécritures.

Réécrire Shakespeare ?
Oui. À la base, j'ai traduit les textes originaux car beaucoup de traductions suppriment la plume acide et cruelle de Shakespeare. Vous savez il a beaucoup copié ses contemporains, il faisait du collage, certaines de ses répliques sont empruntées intégralement à Marlowe par exemple. C'était d'usage à l'époque. Et puis il a beaucoup copié l'histoire et les mythes, de César et Cléopâtre à Roméo et Juliette, sa démarche propre était de refaire ensuite les choses à sa façon. Nous faisons pareil, c'est en quelque sorte lui rendre hommage. Mais c'est un génie, il est le seul à avoir écrit des pièces comiques, dramatiques et fantastiques avec tel talent.

Vous êtes toujours un nombre réduit de comédiens pour un grand nombre de personnages.
Oui, car j'aime la performance et j'ai besoin d'une mentalité de troupe, et donc d'une égalité pour tous les comédiens. Il y a alors une mise au diapason pour un rythme et une exigence commune. J'aime exploiter les talents de chacun - le chant, l'instrument de musique et adapter ainsi le personnage au comédien. C'est un travail subtil de groupe qui réclame discipline, écoute, humilité et beaucoup de travail. Comme disait Chaplin : c'est 1 % de talent et 99 % de sueur !
Interview par Samuel Ganes
Paru le 14/08/2009

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