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© Frédéric Nauzyciel


Ordet (La Parole)
une fable stylisée creusant les questions du doute et de la croyance
Deux communautés rurales s'opposent avant d'être confrontées à la mort puis à la résurrection de l'une des leurs. Créée au Festival d'Avignon l'été dernier, "Ordet (La Parole)" de l'auteur danois Kaj Munk est aujourd'hui reprise au théâtre du Rond-Point. Adaptée par Arthur Nauzyciel (qui signe également la mise en scène) et Marie Darrieussecq, cette pièce en forme de suspense métaphysique est notamment interprétée par Pascal Greggory. Le comédien et l'écrivaine ont répondu à nos questions.
Pascal Greggory
un patriarche paradoxal


"J'interprète un homme puissant, convaincu que la liberté passe par la foi et la famille. C'est le patriarche sur les épaules de qui tout repose. Sa force est créatrice, les drames et les joies de sa longue vie (il a 75 ans) lui donnent une grande souplesse d'esprit. C'est aussi un jouisseur, ce qui peut paraître paradoxal puisqu'il enseigne la religion protestante. Enfin, c'est un père plein de doutes sur l'éducation, la morale et l'amour... Après une longue période de travail à la table, les gestes, les trajectoires et les mouvements que nous avons expérimentés sur scène nous ont paru comme évidents... Arthur Nauzyciel a réuni une troupe de onze acteurs au service de ce texte. Onze acteurs au jeu souvent frontal, que l'on pourrait croire venus de la maison des morts pour éclairer les paradoxes de la vie."

3 questions à Marie Darrieussecq

Quelles sont, de votre point de vue, les différences fondamentales entre l'écriture romanesque et l'écriture théâtrale ?

Au théâtre, idéalement, toute phrase prononcée doit être justifiée par la scène, et y produire un effet. Pas un effet spectaculaire, pas un "effet spécial" ni une action au sens James-Bondien, mais un changement, même infime, une action au sens d'une évolution du drame. Dans un roman, les phrases ne sont pas "prononcées", la voix n'est pas portée par un corps mais par un être imaginaire. Quand les voix sont entendues sur scène, quand les corps sont là, alors l'écriture, en amont, est complètement différente. Le roman n'est porté que par les mots. Le théâtre, lui, est porté par bien d'autres éléments que les mots. Dans les deux cas, il ne faut pas un mot de trop - mais ce ne sont pas les mêmes mots, le même usage des mots.

Quel a été votre mode "d'écriture à quatre mains" avec Arthur Nauzyciel ?
Je proposais et il relisait. Il me faisait entendre ce qui n'allait pas, ce qui n'irait pas sur une scène. Tous les petits mots inutiles. Il m'a demandé de remplacer certains mots, d'enlever les points d'exclamation : "Ce n'est pas à toi de t'exclamer, c'est à l'acteur."

Quelle couleur avez-vous souhaité donner au texte français ?
J'ai souhaité retrouver la couleur triviale, paysanne de cette écriture apparemment naturaliste, mais qui permet justement d'aller chercher d'autres dimensions, pas forcément où l'on croyait - pas forcément si "religieuses" que ça...
Dossier par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 30/08/2009

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