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Sotha et philippe Manesse
D.R.


Le Café de la Gare a 40 ans
Sotha et philippe Manesse : “Nous faisons TOUT, de l’écriture au ménage, de la couture à la mise en scène…”
Le 14 juin 2009, le Café de la Gare célébrait son 40e anniversaire. À cette occasion, Sotha, cofondatrice du lieu, a choisi de remonter l'un des plus grands succès de sa troupe "La Mort, le Moi, le Nœud."
Vous avez dédié quarante années de votre vie à cette incontournable scène parisienne. Quels temps forts choisiriez-vous d'évoquer pour esquisser l'histoire de cette salle ?
Nous sommes neuf à l'avoir "créée". Pour ce qui est des "faits marquants" de son histoire, c'est un peu au gré des souvenirs de chacun. Voici les miens... Le jour où Romain Bouteille m'a présenté Coluche : six heures de discussion passionnée ! Ce fut la naissance du projet, en février 68. Puis le jour où Romain m'a annoncé - alors que je rentrais d'un voyage de noces avec Patrick Dewaere - que nous avions un local rue d'Odessa. Au fourneau, il y avait déjà Miou-Miou, que Coluche avait rencontrée au bal du 14-Juillet, et Catherine Mitry, la nouvelle compagne de Romain. Ce devait être en août 68. Aux côtés des trois couples initiateurs, nos fidèles cofondateurs issus de la contestation étaient Gérard Lefèvre et Jean-Michel Haas. Puis le jour vint où Romain nous a annoncé que nous tiendrions l'affiche. À l'exception de Patrick et Romain, personne n'avait jamais vraiment "joué" sur une scène ! Nous nous sommes donc adjoint les talents de Henri Guybet qui venait souvent nous distraire pendant les travaux. Puis le jour où on s'est dit : "C'est trop petit, recommençons à construire rue du Temple." Après, ce furent dix ans sur un nuage, dix ans de retombée dans la "normalité", et vingt ans de "struggle for life" dans un contexte d'obéissance de plus en plus éloignée de notre nature.

Vous avez décidé de remonter La Mort, le Moi, le Nœud, créée en 1985. Pour quelles raisons cette pièce-ci de votre répertoire plus qu'une autre ?
Parce que c'est un spectacle "Café de la Gare" pur et dur à l'ancienne justement. Écrit pour neuf comédiens, avec de la musique, des danses, un texte serré mais avec des impros, un décor intimement lié à nos murs mais avec le souffle du western, une histoire pas vraiment gaie mais avec des séquences à pleurer de rire, bref, un spectacle total que les acteurs aiment jouer, quand les contingences actuelles obligent à monter des pièces courtes avec quatre acteurs, parlant si possible autour d'une table.

Quelle sera la programmation de la 41e saison du Café de la Gare ?
Elle dépend des résultats de l'été : nous allons reprendre À suivre, de Jérémy Manesse, La Mort, le Moi, le Nœud, bien sûr, et l'indéboulonnable Tour du monde en 80 jours de la compagnie Azzopardi. Nous avons des projets, évidemment, mais au théâtre, si on ne se passionne pas pour le présent, comment garder la concentration nécessaire pour "tenir" l'intérêt du public ? Nous sommes une troupe. Nous faisons TOUT, de l'écriture au ménage, de la couture à la mise en scène, de la comptabilité aux relations publiques, des lumières à l'électricité. Il ne vous reste qu'à venir voir ça !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 27/07/2009

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