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© Mathilde Morieres


“La Musica deuxième”
Pour une valse à trois temps…
Pièce audacieuse pour une auteure rare au théâtre, "La Musica deuxième" de Duras explore avec subtilité et profondeur l'après-rupture. Rencontre avec le comédien Didier Mérigou et le metteur en scène Régis Mardon.
Pourquoi ce titre Musica "deuxième"

Didier Mérigou :
À la base, c'est une commande que la BBC a faite à Marguerite Duras et qui a donné ce film La Musica avec Robert Hossein, Delphine Seyrig et Julie Dassin. Très vite, Duras fut obsédée, elle pensait que l'histoire n'était pas aboutie. Cette obsession dura près de vingt ans et elle y mit un terme en écrivant une seconde partie qui devint une pièce de théâtre et qu'on intitula La Musica deuxième.

Comment a commencé l'aventure de cette pièce ?

D. M. :
Par Élodie Sörensen, qui joue cette pièce avec moi. Elle l'avait vue à la Gaîté-Montparnasse avec Fanny Ardant et Niels Arestrup, il y a une quinzaine d'années. Avec le recul, elle voulait la jouer et je me suis mis à lire le texte que j'ai adoré. On a proposé naturellement le projet à Régis, qui était alors l'un de mes professeurs chez Pygmalion.

Exercice difficile de monter du Duras ?

Régis Mardon :
Périlleux, oui. Duras c'est un puits sans fond. C'est quelques mots, des mots formidables, ciselés. Il y a une profondeur et des personnages complexes. J'adore cette phrase d'Audiard qui dit : "J'aime les gens fêlés car on voit la lumière qui passe au travers." C'est pour ça que j'ai accepté cette pièce, c'est ce que je fais et ce que je cherche quand je fais des documentaires ou des films. J'aime transmettre cette lumière qui émane des gens, j'aime être emporté, partir en voyage et aller à la rencontre de l'autre. Explorer l'intimité de l'autre. Prendre le temps de connaître l'autre. Mais le temps, c'est le vrai luxe nécessaire avec Duras !
Didier M. : C'est vrai qu'avant Avignon, on a travaillé de façon ponctuelle pendant un an. On s'est rendu compte que la maturité est une arme redoutable. Il nous a fallu du temps pour se l'approprier, lui apporter une certaine légèreté.

Légèreté ? On parle bien d'une pièce de Duras ?

Régis M :
Au départ, c'est, en effet, plutôt un drame. Duras peut faire peur, car elle est austère. C'est dense, froid, sombre. Nous avons préféré amener du bonheur, un jeu de chat et de souris, une fraîcheur qui n'apparaît pas dans le texte. Même si la pièce parle de l'après-rupture, on sait tous qu'il reste toujours quelque chose après une séparation. Ce "quelque chose" peut être puissant et éternel, beau et touchant, en tout cas viscéral.
Didier M. : On a balayé la moindre possibilité d'un truc intellect et ennuyeux. Ce qui explique notre accroche "Plus qu'un Duras... Une Marguerite !" : notre travail a été de conserver la pertinence, l'intelligence dramatique de Duras et d'amener de la fraîcheur, de faire éclore l'émotion.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 01/06/2009

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