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Grégoire Œstermann
© Brigitte Enguerand


"La Estupidez"au Théâtre national de Chaillot
Du théâtre du Rond-Point au Théâtre national de Chaillot, d'"Oxu" à "La Estupidez", le comédien Grégoire Œstermann enchaîne, en cette fin de saison, deux propositions théâtrales. Arrêtons-nous sur ces projets cocasses et biscornus.
Marcial Di Fonzo Bo,
interprète et cometteur en scène
de "La Estupidez"


Aux côtés de Marina Foïs, Pierre Maillet, Grégoire Œstermann et Karin Viard, Marcial Di Fonzo Bo interprète cinq des vingt-cinq personnages de "La Estupidez". Il cosigne également la mise en scène de cette parabole théâtrale de l'auteur argentin Rafael Spregelburd.

"La Estupidez est une fiction farfelue qui révèle des couleurs de série B américaine, explique Marcial Di Fonzo Bo. L'action se passe à Las Vegas, dans cette ville faite de rêves et d'illusions, cette ville qui n'existe finalement presque pas." Quatrième volet de L'Heptalogie de Hieronymus Bosch - cycle théâtral faisant référence à la table des Sept péchés capitaux réalisée par le peintre flamand -, la pièce de l'auteur argentin cherche à porter un éclairage sur l'avarice. Comment l'argent vient-il bouleverser nos rapports avec les autres ? Comment influe-t-il sur notre place dans la société ? Voici quelques-unes des questions auxquelles La Estupidez tente d'apporter des réponses.
Une matière à jouer d'une grande drôlerie

"L'univers de Rafael Spregelburd est un univers éminemment théâtral, poursuit le metteur en scène, un univers singulier qui permet de découvrir le monde dans toute sa complexité. J'ai mis en scène ce texte qui fait se croiser pas moins de vingt-cinq personnages en centrant mon travail sur les comédiens. Je crois en effet que si l'on met l'accent sur autre chose, on passe à côté de la pièce. Car, La Estupidez requiert une précision inouïe de la part des interprètes. Il faut donc se concentrer sur eux, les accompagner dans la matière à jouer extraordinaire que représente l'écriture de Rafael Spregelburd." Une matière à jouer d'une grande drôlerie qui oscille de manière schizophrénique entre tragédie essentielle et catastrophe pure.


Grégoire Œstermann :
de "La Estupidez"
à "Oxu"

Après le succès de la saison dernière, vous reprenez La Estupidez. Quel regard portez-vous sur cette pièce de Rafael Spregelburd ?

Il s'agit de la pièce la plus originale et la plus culottée que j'ai eue à lire : cinq histoires qui s'entrecroisent, chacun des cinq comédiens jouant un rôle dans chacune de ces histoires. Les personnages de La Estupidez sont des archétypes de la vie moderne ou plutôt de la littérature, du cinéma, de la télévision. Rafael Spregelburd les a placés, avec ironie, dans une course-poursuite après l'argent, le fric, voire le pognon.

Qu'est-ce qui vous séduit le plus dans ce spectacle conçu par Élise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo ?
Le style, l'énergie, la modernité du traitement. Et puis, ce spectacle rejoint pour moi un rêve et un cauchemar d'acteur : dans La Estupidez, on croit parfois que l'on va en arriver à se croiser soi-même jouant un autre rôle !

Après la création de Xu, en 2006, vous interprétez Oxu, au théâtre du Rond-Point, aux côtés de Christine Murillo et Jean-Claude Leguay. Pourquoi avoir décidé de donner une suite à Xu ?
Xu retraçait nos travaux sur le tome 2 du Baleinié, qui est ce que nous appelons notre Dictionnaire des tracas. Après l'écriture du tome 3, nous avions une matière nouvelle, alors... voilà... bien obligés !

Pouvez-vous revenir sur le principe de ce dictionnaire ?
Chacun subit, au long de la journée, des tracas que l'on se croit seul à supporter et que l'on refoule. Il nous a paru nécessaire d'en finir avec cette malédiction, de définir ces tracas avec
précision et de leur donner un nom, pour qu'ils cessent de nuire dans l'ombre.

Quel univers se dessine derrière tous les mots que vous vous attachez à définir ?
Un portrait de l'homme par l'embarras.

Qu'est-ce qui lie le trio que vous formez avec vos deux partenaires ?
Ensemble, nous essayons de replacer la porte dans ses gonds sans nous disputer.

Si vous ne deviez conserver qu'un seul mot du Baleinié, lequel serait-ce ?
Aujourd'hui, ce serait jorobrahir : "Relire à jeun l'idée géniale qu'on a notée dans la nuit"...
Dossier par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 11/06/2009

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