Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

© Bruno Perroud


Riyad Bassim
Un bien drôle de mec !
La tête sur les épaules, excepté quand il danse et se tord dans tous les sens, Riyad Bassim est un garçon qui étonne par l'alliance que forment son talent et son naturel.
Riyad, comment êtes-vous devenu danseur ?
C'est un parcours long mais assez simple. Je suis originaire de la région parisienne, scolarité normale : collège, bac et BTS technico-commercial. J'ai fait beaucoup de petits boulots : peintre en bâtiment, vendeur en boulangerie, animateur, téléprospecteur... Mon cv est long comme mon bras ! J'étais professeur de roller - membre du Roller Team 340 -, et je donnais mes cours sur l'esplanade du Trocadéro. C'est là que j'ai rencontré des groupes de danseurs et que je me suis mis naturellement au hip-hop. J'ai laissé tomber le roller pour la danse.

Comment vous êtes-vous formé ?
Je n'ai pas de formation de danseur, en fait. C'est venu à moi le plus simplement du monde. J'avais les aptitudes physiques pour : je suis souple, ma mère m'a montré le pont quand j'étais gosse et, depuis, j'ai toujours fait beaucoup d'acrobaties. Je faisais des flips dans mon jardin avec mes oncles qui sont ceinture noir de karaté et j'ai fait six ans de lutte, jusqu'au Championnat de France. Le sport ça impose une discipline, ça t'apprend à être rigoureux. J'ai toujours eu une nature contorsionniste. Le plus dur pour moi ça reste la musicalité, j'ai souvent trop d'énergie et du mal à garder le rythme.

Et le parcours jusqu'au spectacle ?
Au Trocadéro, on a été repéré par un producteur en 2004. Il ne voulait pas trop entendre parler de ce qu'on faisait dans la rue, juste en garder l'esprit et il nous a fait faire un premier spectacle : les Wesh - Men In Blagues, qui mélangeait danse et textes comiques. Ça a duré plusieurs mois mais on n'avait pas la maturité suffisante pour jouer, je pense. Ensuite, on est revenu à nos premières amours : la danse et les délires sur des musiques issues de la télévision, du cinéma et de notre enfance. C'est ça qui faisait rire les gens au Troca', Parisiens ou touristes ! C'est le concept de Drôles de mecs : un délire universel qui parle à tous !

Quelle aspiration artistique vous guide aujourd'hui ?
J'aimerais continuer ce spectacle bien sûr, et me tourner de plus en plus vers la comédie. L'art dramatique peut-être, mais quand j'écume les annonces de casting, quand je regarde les séries ou les films français, j'ai parfois un peu peur. Tu regardes Plus belle la vie, ça se passe à Marseille et y a pas un seul Arabe : c'est pas réaliste ! Je me pose de vraies questions sur la place à occuper en tant qu'acteur aujourd'hui en France quand on est arabe. C'est lascar de la cité dans Banlieue 13 ou rien, les rôles de composition, c'est toujours pour les cinq mêmes : Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila, Samy Naceri et Saïd Taghmaoui. Ils sont bien mais les autres ? Peut-être que ça va changer, c'est peut-être même en train de changer... Espérons.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 31/05/2009

-
Haut