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© Marcel Hartmann


Arié Elmaleh
“Mon métier, c’est un renouvellement permanet, un luxe !”
La France entière a découvert ce grand garçon sympathique dans des spots de pub SFR. Au début, il était le frère de Gad. Aujourd'hui, il est Arié Elmaleh. Au La Bruyère, dans "Le Bug", pièce de Richard Strand, le comédien est Dennis Post, un personnage qui transgresse la sacro-sainte voie hiérarchique par crainte de mutation.
Je ne suis pas aussi flippé que lui, mais comme lui, si quelque chose me tracasse, je mets tout sur la table jusqu'à ce que le problème soit résolu, c'est plus sain." En face de ce type fragilisé, tout le poids de l'entreprise. "Le fonds de cette comédie m'a plu. C'est une parabole sur l'automatisation et la déshumanisation des rapports humains où la réalité poussée au maximum dérive vers l'absurde. Certes, c'est un monde qui m'est étranger. Je ne sais combien de temps je pourrai me lever tous les matins pour aller au même endroit, faire la même chose, c'est angoissant. D'ailleurs, j'ai fait quelques boulots alimentaires et je ne tenais pas plus d'un mois ou deux. Mon métier aujourd'hui, c'est un renouvellement permanent, un luxe !"

Pourtant, ce grand garçon sympathique quitte sa ville natale, Casablanca, "pour faire quelque chose de sérieux", fac de droit à Strasbourg ! Moins d'un an après, en août 1995, ce "grand échalas de 20 ans au fond d'accent marocain" est à Paris et s'inscrit dans un cours de théâtre, désir né lors d'une représentation d'Antigone à Casa. Ce garçon réservé pressent là que l'on peut gagner sa vie sur scène, tout en accomplissant "un acte exutoire qui permet de s'affirmer et de se faire accepter". C'est Jean-Louis Martin- Barbaz qui l'aide à se révéler sur scène, à "prendre conscience de cette nonchalance naturelle" dont il apprend à jouer et que l'essentiel n'est pas toujours là où l'on croit. Ainsi, ce prof "formidable, généreux, au regard très juste" lui a dit, alors qu'il attaquait très sérieusement un texte de Racine : "Tu as un très beau sourire, sers t'en... et muscle tes mollets." Eh oui, son personnage portait des bas !

S'il se partage aujourd'hui entre le cinéma et le théâtre, c'est sur les planches qu'il est le plus à l'aise car il y a le "plaisir intense à faire réagir le public, quelle que soit l'émotion que l'on véhicule". Il avoue ressentir le besoin que l'on valide ce qu'il fait pour avancer... De même qu'il reconnaît avoir un penchant naturel pour les gens qui rient à ses blagues... surtout les filles ! Arié n'est "pas du genre à penser carrière". Il croit aux rencontres, fait confiance au hasard et fonctionne au plaisir, avec les choses et les gens qui lui plaisent.

Plaisir encore celui de la bonne chère, notamment le mélange salé-sucré et le poisson, la cuisine japonaise, danoise... Il adore cuisiner et pas seulement des spécialités marocaines. Émotions encore avec le vin. "Récemment, j'ai bu un haut-brion 75. Un grand moment ! J'ai eu l'impression que la France rentrait dans mon corps. Je suis fier, j'ai réussi mon intégration !"
Portrait par Caroline Fabre
Paru le 10/03/2009

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