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© Laurencine Lot


Réveillon d’été
Au théâtre Michel
Quatre sœurs se retrouvent pour fêter Noël en juin dans la maison de leur enfance et pour la première fois sans leur mère, emportant avec elles leur cortège de querelles et de soucis. Après "Sur un air de tango", Isabelle de Toledo nous offre une comédie légère et piquante avec Anne Richard, Annick Blancheteau, Françoise Lépine et Martine Mongermont dans le rôle des sœurs, Constance Carrelet dans celui de la fille de la benjamine et Martine Pascal, l'invitée surprise, sous la direction d'Annick Blancheteau et Jean Mourière.
2 questions à Isabelle de Toledo

Pourquoi avoir choisi de fêter Noël la nuit de la Saint-Jean ?


Je pensais que fêter Noël à un autre moment de l'année n'était pas commun ! Mais des spectateurs m'ont appris qu'ils faisaient des réunions de famille à un autre moment que celui des fêtes ! Il me plaisait de décaler les personnages dans le temps : on ne se trouve pas dans la même humeur en hiver et dans ce rituel obligatoire. Ces sœurs ont le leur propre, instauré par leur mère suite au décès de leur père dans une nuit du 24 au 25 décembre. Ce qui a déclenché cette écriture fut un dîner au restaurant avec un groupe d'amis. Deux personnes qui n'appartenaient pas au clan sont venues nous rejoindre et j'ai constaté qu'il était très difficile de rentrer dans un cercle qui fonctionne depuis des années avec ses codes, son humour. Cette réunion de famille est ainsi troublée par le personnage de Solange Pinson, une femme très seule, à la fois capable de délicatesse et d'inconséquence quand elle évoque l'ex-mari d'une des sœurs sur lequel elle a longtemps fantasmé ! Martine Pascal lui apporte beaucoup de grâce, quelque chose de lunaire et de touchant qui fait hurler de rire le public !

Cette pièce se révèle plus légère que la précédente...

Sur un air de tango est une pièce grave avec des moments drôles, celle-ci une partition drôle avec des moments graves. La problématique des liens de famille m'interpelle particulièrement : ce qu'ils représentent, comment on les vit, pourquoi prend-on des chemins différents quand on a été élevé de la même façon, pourquoi rate-t-on ou réussit-on sa vie, que signifie être en première ligne quand on a perdu ses parents ou être une femme entre quarante et cinquante ans dans notre société ? Le constat est doux-amer mais pas féroce car j'ai de la tendresse pour mes personnages. Il y a un petit peu de moi dans chacune d'elles, la prof d'économie étant celle qui me ressemble le plus avec son désir d'arrondir les angles et sa peur de toujours déranger ! Je raconte des histoires comme on pouvait le faire à une époque, sur un pas de porte, à la veillée, quand on prenait le temps de se parler.



Anne Richard,
portrait d'une comédienne accomplie


Aussi naturelle à la ville que sur les planches ou à l'écran, Anne Richard se révèle une personnalité sensible et généreuse qui lui a valu de s'attacher le cœur du grand public, notamment à travers la série Boulevard du Palais qui fête cette année son dixième anniversaire et dont deux nouveaux épisodes seront prochainement diffusés sur France 2. Après ses excellentes prestations dans la pièce à succès d'Alain Krief, Les Héritiers, et On achève bien les chevaux de Robert Hossein au Palais des sports, nous la retrouvons au Théâtre Michel : "J'ai proposé de créer cette pièce dans mon pays d'origine, la Suisse, car nous rencontrions quelques réticences à Paris, ce texte n'appartenant à aucun genre. La roder dans un endroit familial et protégé, loin des enjeux parisiens, a soudé la troupe, ce qui était indispensable puisqu'il s'agit d'une pièce chorale. Il est rare qu'un auteur écrive pour six femmes avec autant de finesse. Cette comédie est tout en demi-teinte, à la fois dans le rire et l'émotion. Isabelle réussit à s'adresser à tout le monde. Chacun s'est retrouvé confronté à la mort de parents et à cette tradition de Noël qui exaspère tout le monde ! La décaler en juin n'évite pas les disputes : la fragilité générée par cette fête est toujours présente et met en exergue le caractère et la générosité ou non-générosité. Mon personnage reçoit ses trois sœurs dans la maison de leur enfance où elle vit avec sa fille. C'est la plus mature de toutes, la plus solide. Assez autoritaire, elle aime prendre les décisions. Elle est finalement leur seconde mère bien qu'elle soit la plus jeune. On le lui ressasse sans arrêt, ce qui l'énerve profondément. Elle aimerait avoir cette légèreté car elle partage la réalité de nombreuses femmes, séparée et élevant seule leur enfant avec cette difficulté de se retrouver face à un père absent et n'assumant pas sa paternité... On me confie souvent des rôles de victimes combattantes car je porte cette caractérisation en moi. Mais j'adore faire rire et divertir ! Je souhaite élargir le champ de mes interprétations et je pense que l'on parvient à concrétiser ses rêves si l'on prend les choses en main. Quand on est comédien, on est souvent dans l'attente du désir de l'autre, ce qui est épouvantable ! Il faut au contraire l'initier, le provoquer."
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 14/04/2009

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