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Bruno Perroud


Le facteur sonne toujours deux fois
L'adaptation théâtrale de Jean et Alice Curtelin du roman noir de James M. Cain, illustration édifiante des vocations meurtrières qu'engendra la Grande Dépression, réunit Olivier Sitruk, Laura Presgurvic et Étienne Chicot sous la direction esthétisante de Daniel Colas qui convoque ici l'imagerie glamour du cinéma hollywoodien des années 1930 à 1950.
Olivier Sitruk
est Frank Chambers


Olivier Sitruk, que l'on a récemment pu voir dans le téléfilm hommage à Coco Chanel diffusé sur France 2, reprend le rôle tenu au cinéma par John Garfield et Jack Nicholson. "C'est un long parcours à accomplir et un défi pour moi de rendre le personnage de Frank Chambers crédible : on me confie souvent des figures romantiques et sensibles, proches de ma nature, et je dois incarner ici un gars animal, brut de pomme, guidé par son instinct... Franck a faim : il erre sur les routes depuis trois jours le ventre vide et se dirige vers Los Angeles en quête d'un improbable emploi. Alors que la nuit tombe, il entre dans un bar tenu par un type un peu bourru qu'il essaie d'entourlouper sans succès. Il finit par lui avouer sa faim et le propriétaire du lieu lui offre de quoi se rassasier tout en lui proposant un job de mécano. Il accepte uniquement parce qu'entre en scène sa jeune épouse : il ne la trouve pas spécialement jolie mais elle fait naître en lui un désir incalculable, irrationnel - et partagé - qui se concrétise d'une manière excessivement violente. Loin de les effrayer, cette approche bestiale attise au contraire une flamme indispensable qui, de fil en aiguille, les conduit à l'idée d'éliminer le mari gênant. Sans machiavélisme toutefois car ils se retrouvent pris dans les rets de leur passion..." Olivier sera prochainement à l'affiche de deux téléfilms : L'Arche de Babel sur France 3 et Le Code de la Bible sur M6. Il prépare parallèlement son premier film en tant que producteur, une adaptation du roman de Sylvie Testud, Le ciel t'aidera.

Laura Presgurvic
est Cora Smith


Révélée par la comédie musicale Autant en emporte le vent et sa partition de Scarlett O'Hara, Laura Presgurvic fut choisie par Laurent Préyale, producteur du Facteur, suite à sa prestation dans Les Demoiselles d'Avignon. "Le rôle de Pilar m'a conduite à celui de Cora : la rébellion de cette prostituée qui, contrairement à ses consœurs, n'acceptait pas sa condition, conférait à ce personnage une vérité et une lucidité qui la rendaient attachante. Je dois tenir le même pari avec Cora. Bien qu'elle soit l'instigatrice du meurtre à venir, le public doit l'aimer. Elle a trouvé confort et sécurité auprès d'un homme qui la répugne, et s'est résignée à cette condition, moins douloureuse que d'errer sur les routes et de se vendre à n'importe qui. Mais l'arrivée de Frank ramène son corps à la vie et lui offre la perspective d'un avenir qu'elle est prête à tout pour accomplir, quitte à éteindre une vie. Cela ne fait pas d'elle une meurtrière froide et sans scrupules : elle occulte les conséquences de ses actes. Lui, en revanche, sait ce qu'est la prison mais ne peut s'empêcher de la suivre dans sa folie : 'une peau, c'est comme la mort, ça n'arrive qu'une fois'... On me confie souvent des rôles de tragédiennes et rarement des rôles enlevés alors que je serais plutôt Jacqueline Maillan dans la vie ! Reprendre ceux tenus par Vivien Leigh ou Lana Turner est toutefois très valorisant : la classe et la froideur des actrices de cette époque me fascinent. Elles confèrent à leur jeu une vérité et une esthétique typiquement féminines." Parmi les projets de Laura au théâtre figure L'Héritière, adaptation du film avec Olivia de Havilland.

Étienne Chicot
est Nikos Papadakis


De ses prestations sur scène, Étienne Chicot retient ses collaborations avec Catherine Rich (Noces de sable), Lambert Wilson (Ruy Blas) et Suzanne Flon (Une absence) : "Chaque expérience de théâtre crée des liens inoubliables - les miennes en tout cas - et je m'y efforce car je joue très peu au théâtre et, à chaque fois, on m'y propose des rôles dans lesquels on ne m'attend pas. Daniel Colas a pensé à moi pour celui de Nikos. Les protagonistes de ce drame, quelque part hellénique, dégagent une telle intensité qu'on ne peut les endosser sans un engagement total. Sachant qu'Olivier Sitruk était de la partie, j'ai accepté de participer à cette aventure, le considérant comme un des plus subtils acteurs de sa génération. Je ne connaissais pas la petite, comme je ne suis pas un aficionado des comédies musicales contemporaines, mais elle ne m'a pas déçu. Le danger de ce genre de personnages est de les rendre monolithiques. Nikos est un monstre drôle, dangereux et attachant. Lui interdire la moindre tendresse ou émotion le réduirait à un bourrin. Or un type qui n'est qu'un gros naze, ça n'existe pas ! Nos contemporains ne sont jamais cousus d'une seule pièce : une personnalité est un patchwork de tissus de plusieurs qualités. Cet homme - dont on comprend qu'il a tué par jalousie - se montre extrêmement bourru, violent et rugueux mais peut se révéler solaire et capable de gentillesse et de douceur." Étienne sera prochainement à l'affiche du film de Jean-Claude Brisseau, À l'aventure et du premier téléfilm de Julien Weill pour Canal+, Le Bon Numéro.
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 06/05/2009

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