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© François Vila


“J’me sens pas belle”
Femme libérée au trouillomètre à zéro
Le film de Bernard Jeanjean, dont cette pièce est l'adaptation, avait été coécrit avec Martine Fontaine qui interprète ici Fanny.
Cette trentenaire célibataire que l'on suppose extrêmement délurée, attend l'arrivée d'un collègue pour ne pas passer la nuit seule. D'ailleurs, plus préoccupée par un choix existentiel (string ou culotte ?), Fanny ne s'est pas encore souciée du dîner. Or, Paul arrive très en avance et semble pour le moins coincé. Dès lors, rien ne se déroulera plus comme prévu... et, surtout pas notre soirée qui nous réservera bien des surprises (sans doute devrais-je, ici, exclure les spectateurs du film). La meilleure d'entre elles est que cette pièce, loin de nous emmener sur une voie aussi convenue que prévisible, nous offre de très jolis moments, entre rires attendus, sourires en demi-teinte et empathie attendrie. On est certes plié en quatre devant ces deux empotés mais, derrière ce couple de comédie, se cachent deux individus attachants qui font tout pour essayer d'être à la hauteur d'un monde qui n'est pas le leur. Ils vont mentir, se cacher, se planter et se télescoper (au propre comme au figuré) en donnant chaque fois une nouvelle orientation possible à leur histoire. On y croit, on s'y voit grâce à deux interprètes qui savent jouer des maladresses et des failles de leurs personnages, aussi bien pour nous toucher que pour nous faire rire. Car, côté rire, il y a de grands moments, entre autres, le strip-tease d'Yvon Martin !

Yvon Martin
Un comédien profondément humaniste

Aujourd'hui dans "J'me sens pas belle", Yvon Martin qu'on a vu aussi dans "Toc toc" nous livre ses confidences sur son métier et son besoin de l'exercer.

Qui aurait pensé que ce gosse d'artisan breton deviendrait un jour comédien ? De clubs-théâtre, en stages ou ateliers de compagnies, il va pourtant en faire son métier. "J'adore jouer avant tout : répéter, m'entraîner... Il y a un don de soi qui s'inscrit dans ce moment éphémère et impalpable de la vie, c'est très ambitieux. C'est le plaisir d'être et de donner, une tentative d'échange. On accouche de personnages auxquels vont s'identifier des gens, ou dans lesquels ils identifieront certains de leurs proches et ça peut avoir une réelle incidence sur eux, en eux, je trouve ça beau !" Au-delà de l'aspect artistique, Yvon y voit une dimension sociale importante :"Je suis issu du théâtre populaire. C'est Marie-Claude Morland, du Théâtre du Trèfle qui m'a fait comprendre très jeune l'utilité du théâtre comme lien social. Elle faisait des pièces militantes et, après, invitait le public à manger avec la troupe. Ce qui est beau c'est quand il y a du sens, une humanité dans un projet. J'aimerais bien continuer à jouer pour militer sur des choses simples : la solidarité, la gentillesse, de vraies valeurs humaines à défendre dans ce monde isolant, individualisant où on ne se regarde plus, où on se renferme sur nous-mêmes, le casque sur les oreilles. Le théâtre doit être le pendant à cet individualisme de masse." Militant donc.
Zoom par Caroline Fabre et Samuel Ganes
Paru le 10/05/2009

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