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© Bruno Perroud


Les métiers du théâtre :
coach sportif d’acteurs : Frédéric Mompo, un sculpteur de corps à toute épreuve
C'est à lui qu'on doit les biceps, triceps et autres quadriceps qui vous ont tant fait pâlir d'envie en observant Jean-Pierre Martins jouant Cerdan dans "La Môme", Tomer Sisley athlétique dans "Largo Winch" ou encore, dans un autre registre, François-Xavier Demaison empâté dans "Coluche"... Il "polymorphise" les acteurs à tout-va ! Entretien avec un homme de l'ombre humble et passionné.
Comment êtes-vous venu à la musculation ?

Tout a commencé par un accident de moto. J'avais 14 ans et je devais pratiquer un sport où je ne devais pas bouger ma jambe. J'ai donc commencé la rééducation, puis la musculation à 16 ans et j'y ai pris goût. J'ai enchaîné avec l'haltérophilie, la force athlétique ou encore le culturisme jusqu'à la compétition. Je suis rentré au Cercle Tissier à Vincennes, où on m'a très vite inculqué l'envie d'apprendre aux autres. J'ai obtenu mes diplômes dont l'Hacumese deuxième degré, et suis aussi formé à la nutrition. On doit aussi se tenir toujours au courant des nouvelles méthodes et s'adapter.

Comment êtes-vous devenu coach d'acteurs ?

Là aussi par hasard. J'ai fait un DVD qui s'appelle La Musculation pour les arts martiaux et après l'avoir vu, Samuel Le Bihan a été intéressé. On s'est rencontré et là, j'ai commencé à travailler avec lui. Les boîtes de production se sont passées le mot et j'ai commencé à coacher de plus en plus de personnes du show-business. En me servant de mes vingt ans d'expérience, j'ai mis en place un concept adapté.

"Concept adapté" ... à chacun ?

Bien sûr. Adapté à l'acteur et aussi à son rôle. Chaque individu est différent. On fait d'abord un bilan, on voit les dégâts, et puis on élabore un protocole pour voir le nombre de semaines ou de mois dont on dispose pour réaliser l'exploit souhaité. Il faut savoir aussi être franc, car parfois ce n'est pas réalisable. Il faut du temps pour se construire : on commence par un circuit training pour que l'organisme s'habitue, après on fait l'étape de force, de masse, de volume. Ce sont des étapes qui prennent plusieurs semaines car on doit respecter le corps. Le protocole est important pour ça : un suivi alimentaire, une hygiène de vie... On ne peut pas boire la veille et faire du sport le lendemain. Au-delà du corps, il y a aussi l'accompagnement psychologique. "Bien dans sa tête, bien dans son corps", comme on dit. On s'adapte à l'individu et, surtout, à ce qu'on veut obtenir, en fonction du rôle : Samuel Le Bihan qui jouait un néonazi dans La Frontière a dû prendre de la masse. Le personnage que jouait Tomer Sisley dans Truands sortait de prison, alors on l'a affûté pour qu'il soit bien sec, tandis que pour Largo Winch, on lui a fait un corps d'athlète.

Vous pouvez sculpter les corps comme vous le voulez ?

Oui, on peut assécher, amaigrir, muscler, faire prendre de la masse. Il faut compter au minimum trois mois. Il y a des corps qui sont plus durs que d'autres. On dit que c'est génétique, nous c'est ce qu'on appelle la réponse hormonale. Mais en général, plus la personne est jeune, plus son corps est transformable rapidement. Il y a aussi la mémoire musculaire qui rentre en compte, plus on apprend jeune et plus on reste réactif sur le tard. Et puis, on coache aussi "après rôle", c'est important. On est là également pour faire perdre du poids, par exemple.

Vous vous rendez à domicile ?

Depuis quelques mois, je reçois dans ce nouveau centre, le Battling Club*. C'est Philippe Dumont, qui est le créateur des produits de beauté Nickel qui a voulu ouvrir cet espace au centre de Paris et il a fait appel à moi. Il est ouvert à tous. J'y travaille sept jours sur sept, du matin jusqu'au soir. Ça me laisse très peu de temps pour le reste. C'est devenu une vraie vocation.

Comment concevez-vous votre travail ?

Dans le plaisir, la détermination, l'écoute, surtout, et l'accompagnement. C'est super d'aider l'acteur dans sa métamorphose. Alors c'est vrai que parfois ce ne sont pas de vrais sportifs, mais c'est ce qui me plaît au fond : m'occuper des gens qui n'aiment pas du tout ce sport. Ça se rapproche de la démarche qu'on a eue à mon égard quand j'étais adolescent. C'est tellement plus payant d'arriver à intéresser ou à passionner celui qui, au départ, était indifférent. Ça, c'est aussi une victoire.

*Battling Club, 13, rue de la Grange-aux-Belles, Paris 10e.




François Xavier-Demaison :
"Frédéric Mompo est un entraîneur sportif qui est aussi musclé de la tête. Il est très à l'écoute de la personnalité de chacun. Quand il entraîne un artiste, il sait s'adapter en conséquence. Je l'aime vraiment beaucoup."

Samuel Le Bihan :
"Fred c'est un homme solide qui vous apaise par sa présence. Il me fait penser à ces dauphins que l'on croise parfois dans l'Océan. Authentique, joueur et mystérieux vous êtes toujours heureux de les voir."
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 16/05/2009

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