Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

© Bruno Perroud


Chat en poche
au théâtre Saint-Georges
"Acheter chat en poche", expression issue du français médiéval signifiant acquérir un objet sans en vérifier la nature. Tel était le sort des ancêtres de nos animaux de compagnie alors considérés comme maléfiques, toutefois utiles à la chasse aux souris, et que l'on s'échangeait dans des sacs ! Feydeau s'empare de la formule en 1888 pour donner le jour au plus fou furieux de ses vaudevilles que reprend aujourd'hui Pierre Laville avec Jean Benguigui, Arthur Jugnot et Valérie Mairesse dans les rôles principaux.
Jean Benguigui
alias Pacarel


L'inénarrable et truculent Jean Benguigui, qui s'est récemment illustré sous la direction d'Emilio Sagi au Châtelet dans Le Chanteur de Mexico, enfile comme un gant le rôle du sieur Pacarel : "C'est un bourgeois repu au lendemain de la Commune ayant fait fortune dans le sucre qui pense être un ami des Arts. Il aime passionnément la musique et surtout sa fille qui plagie les œuvres majeures : elle vient de composer un 'Faust' d'après la partition de Gounod. Par amour pour elle, aussi parce qu'il pense qu'elle va lui apporter la gloire, il décide de tout mettre en œuvre pour que cet opéra soit monté. Pour ce faire, il prend sous contrat le meilleur ténor du moment. Mais celui qu'il croit engager n'en est pas un : toute une série de quiproquos vont ainsi découler de cette erreur de casting ! Pacarel a également épousé une charmante jeune femme en secondes noces. Autrement dit, c'est un parvenu comme on en voit encore aujourd'hui, qui jouerait au poker chez Partouche, ne sortirait de chez lui qu'au volant de sa Ferrari et ferait tout pour envoyer sa fille mélomane à la Star Ac ! Tel Tartuffe devant Orgon, je reste béat et tout sourires devant lui, tant que je n'ai pas réalisé l'imposture ! Feydeau illustre par son génie la folie des grandeurs au travers de caractères qui nous sont familiers." Jean Benguigui sera à l'affiche des films Coco, de Gad Elmaleh, et Tellement proches, d'Éric Toledano et Olivier Nakache.

Arthur Jugnot
alias Dufausset


Après Un baiser, un vrai au Théâtre de l'Œuvre et La Sœur de Jerry King aux Mathurins, le jeune Arthur - qui a de qui tenir - aborde sa première pièce classique : "Steevy n'étant pas libre, Pierre Laville m'a appelé pour incarner ce jeune provincial venant faire ses études de droit à Paris. Pacarel, de son côté, n'a jamais vu le ténor que lui a recommandé un de ses amis bordelais. Aussi, lorsque Dufausset se présente en lui annonçant qu'il arrive de Bordeaux, Pacarel ne lui laisse pas le temps de dire qu'il vient de la part de son père pour être hébergé et s'empresse de lui faire signer un contrat en or ! Avec une certaine candeur, Dufausset décide de laisser Pacarel croire ce qu'il veut, préférant ne pas chercher à comprendre ce qui se trame dans cette maison de fous puisqu'il a tout à y gagner : il a beau chanter avec une voix de fausset et comme une casserole, tout le monde l'applaudit ! C'est aussi un chaud lapin qui tombe amoureux dès le premier regard. Avant d'arriver chez Pacarel, il a croisé son épouse. Mais comme trois femmes vivent dans cette maison et qu'on les lui présente toutes en même temps, il confond Marthe, la femme de Pacarel, avec Amandine. Il écrit ainsi pendant toute la pièce des mots doux à Amandine pensant s'adresser à Marthe ! Amandine en est ravie mais ne comprend pas pourquoi il la traite comme un chien dès qu'ils se retrouvent ensemble ! Feydeau joue sur la capacité qu'ont certaines personnes à s'aveugler et croire à tout prix au film qu'elles sont en train de se jouer !" Nous pourrons retrouver Arthur dans la série Éternelle sur M6 dans laquelle il campe un laborantin "qui parle avec ses rats toute la journée".

Valérie Mairesse
alias Amandine


De Guitry à Feydeau en passant par Molière et Marivaux, Valérie Mairesse a su brillamment incarner les héroïnes du théâtre classique avec la joie de vivre qui la caractérise. "Pierre Laville voulait me confier le rôle d'Amandine depuis longtemps. J'ai été très heureuse de retrouver Jean sur ce projet et j'ai ressenti une joie intense quand Arthur nous a rejoints car je l'ai connu bébé ! Amandine étant amoureuse de Dufausset, cela m'amuse énormément d'entretenir ce rapport avec lui sur scène ! Amandine ressemble à Bélise. Elle est restée enfant et vit dans un monde où tout est merveilleux. Elle s'imagine que tous les hommes qui la regardent la désirent et s'est donc persuadée qu'elle détient un pouvoir de séduction particulièrement développé, notamment en raison de sa poitrine, qu'elle a aussi très développée ! En fait, les trois femmes de la maison sont amoureuses de Dufausset. Comme Emma Bovary, elles sont fascinées par l'étranger, la nouveauté, le monde des arts." Valérie vient par ailleurs de publier son premier livre chez Michel Lafon : Quand je serai grande, je serai actrice américaine. "C'est un livre de souvenirs très pudique, le parcours d'une femme libre ayant pris sa vie en main. Petite, je voulais être Marilyn Monroe ou rien ! Je raconte comment je suis passée du café-théâtre au cinéma, puis ma difficulté à revenir sur les planches tellement je peux être submergée par le trac ! Et, bien sûr, mes plus belles rencontres : Le Splendid, Tarkovski, Coluche, Bernard Fabre... Si je devais n'en retenir qu'une, Agnès Varda !"
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 26/04/2009

-
Haut