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© A.Bérard


Daniel Benoin
Guitry, un auteur parfois sans fard
À partir du 18 mars, Daniel Benoin, directeur du Théâtre national de Nice, installe son "Nouveau Testament" de Sacha Guitry aux Amandiers de Nanterre. Une surprise.
Pourquoi monter un Guitry et comment l'avez-vous imaginé ?

Mon décor est un ensemble de 16 carrés de 4 canapés chacun ; comme 16 salons bourgeois placés en damier. J'y ai monté Faces, d'après le film de Cassavetes, les comédiens s'y installaient avec des spectateurs. Ce damier de salons était le décor idéal pour les pièces bourgeoises des XIXe et XXe siècles et, parmi celles-ci, Le Nouveau Testament... Mais je suis probablement le seul directeur de théâtre public à monter Guitry.

Vous allez donc surprendre le public par votre lecture de Guitry ?

Guitry n'a vu passer ni la guerre de 14-18, ni le Front Populaire, ni l'Occupation... Mais, peut-on faire du théâtre sans voir ce qui se passe autour de soi ? La conscience artistique est-elle totalement indépendante de la conscience politique ? Guitry répond par l'affirmative, moi je pense que non. Je ne suis pas l'un des admirateurs béats de l'homme et de sa vie privée, mais je trouve son théâtre parfois remarquable, même s'il est apparu longtemps comme purement commercial. De 1933 à 1937, il connaît une amertume qui se ressent dans ses pièces, particulièrement dans Le Nouveau Testament et Quadrille. Ce sont des choses que l'on devine derrière les bons mots de l'auteur mondain. Pour moi, on peut ramener Guitry à quelque chose de plus profond, à un vrai témoignage sur son époque.
Interview par François Varlin
Paru le 29/03/2009

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