Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

D.R.


Jean-Louis Martin-Barbaz
“Racine a besoin d’intimité”
Pour lui, monter un spectacle est "une sacrée responsabilité". Avec "Britannicus", au Théâtre 14, il affronte les monstres de l'Histoire.
Pourquoi monter ce grand classique de Racine ?

C'est un vieux rêve de quarante ans de cohabitation avec les classiques. Britannicus est la pièce de Racine qui nous touche le plus car elle a de vrais atomes crochus avec l'Histoire, et présente de grands personnages pour le jeu dramatique des comédiens : Néron, Agrippine, Narcisse... J'ose toucher à ces statues immenses qui n'en finissent pas de me troubler.

Comment rendre la tragédie accessible au grand public ?

Il faut respecter la situation dramatique, sa violence qui fascine les jeunes chez qui je constate une qualité d'écoute inattendue. La beauté du verbe, c'est ce qu'apporte le théâtre. Je suis le prêtre de cette aventure-là, que je défends comme une religion ! Chez Racine, le langage est simple au-delà des tournures archaïques, et l'essentiel de la fable parvient au public.

Est-il nécessaire de passer par une actualisation ?

Nous n'avons pas fait une pièce péplum. Les costumes sont contemporains ; du reste, à l'époque de Louis XIV, on jouait cela en costumes de cour. C'est le XIXe siècle qui a essayé de réinventer un réalisme qui n'était qu'une Rome fantasmée, transposée. J'ai choisi de faire se dérouler une partie de la pièce autour d'un lit, lieu de pouvoir et de turpitudes, dans un décor en perpétuelle évolution, fait de miroirs, de grilles, un univers très contemporain. Racine a besoin d'intimité pour être représenté : le Théâtre 14 va permettre cela.
Interview par François Varlin
Paru le 27/03/2009

-
Haut