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D.R.


Nicolas Liautard
met en scène L’Avare au théâtre des Quartiers d’Ivry
Après "Amerika" de Franz Kafka, Nicolas Liautard s'empare de "L' Avare". Une pièce de Molière que le metteur en scène envisage à travers le prisme d'un conflit générationnel.
Au-delà de ses lignes de force comiques, quelles thématiques souhaitez-vous faire émerger de L' Avare ?
Je m'intéresse particulièrement à la relation Harpagon-Cléante, c'est-à-dire à la relation père-fils. Pour jouer Cléante, j'ai choisi Marc Citti. Ce personnage ne sera donc pas un jeune premier, mais un homme de 42 ans. Ce parti pris rend encore plus dramatique la relation Harpagon-Cléante, ainsi que le climat d'étouffement que ce père - interprété par Jean-Pol Dubois - ne cesse de faire peser sur son fils. Tout cela peut d'ailleurs renvoyer au regard que l'on porte, aujourd'hui, sur la génération de 1968 et son attitude vis-à-vis de la génération qui a suivi. J'ai entendu dire que cette génération avait, non seulement, tué ses pères, mais également ses fils. Cette réflexion dépasse, bien sûr, toute génération particulière. Elle peut s'appliquer à d'autres sociétés et à d'autres époques.

Quelles sont, pour vous, les fulgurances qui caractérisent cette œuvre de Molière ?
L'Avare est une pièce construite à partir de "genres" très différents : on passe de la bastonnade à des scènes où les protagonistes ne sont plus des "caractères", mais des personnages à part entière. Ainsi, le rôle d'Harpagon est-il très mouvant. Dans certaines scènes, il est une figure de commedia dell'arte, dans d'autres, il se révèle d'une modernité et d'une complexité remarquables. Nous avons choisi de présenter la pièce comme elle a été écrite : en passant de façon très tranchée d'un registre à un autre.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 18/01/2009

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