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Biyouna
©Bernard Benant


La Célestine
Succomberiez-vous au charme d’une terrible sorcière ?
Œuvre majeure et colossale, au sortir du Moyen Âge, précédent tous les classiques du genre comme "Don Quichotte" ou "Dom Juan", "La Célestine" est une tragi-comédie régie par le désir - de l'argent comme du sexe. Parue de 1482 à 1592, de façon anonyme d'abord, c'est en 1502 qu'un typographe trouve le nom de l'auteur, en remarquant que les premières lettres de chaque strophe du prologue forment le nom de Fernando de Rojas.
Après cinquante ans d'attente, Henri Lazarini, monte enfin ce projet qui lui tient à cœur et dont il signe l'adaptation : "C'est le théâtre complet que j'aime, avec des personnages hauts en couleur et violents. Le jeune Calixte et la belle Mélibée sont habités par la passion, mais c'est de désir qu'il s'agit et non d'amour. Nous sommes loin de 'Roméo et Juliette', même si 'La Célestine' est à l'Espagne, ce qu''Hamlet' est à l'Angleterre, avec cette dimension baroque et fantastique qu'a instaurée ensuite Shakespeare au théâtre. Pour monter cette pièce que je porte en moi depuis mon adolescence, ma fille m'a proposé de fusionner nos deux compagnies. Nous avons aussi associé notre travail."

En plus du feu sacré héréditaire, Frédérique Lazarini subit la fascination de cette pièce depuis des années : "C'est une œuvre qui contient en germe toute la littérature à venir, on y retrouve la commedia dell'arte, le burlesque, le drame romantique, la tragédie. L'auteur, juif reconverti, a vu son père mourir sur le bûché d'où cette nature subversive, poussée à l'excès et enfin tragique. On sort du Moyen Âge mais aussi de l'Inquisition, d'une période chaste, où les amours restaient épistolaires. Cette omniprésence du désir et ce personnage de sorcière sont alors très modernes, provocateurs même. Monstre fascinant, l'entremetteuse Célestine, flirte avec deux mondes - celui du visible et celui de l'invisible, celui du commerce prosaïque et celui de la magie où elle pactise avec le diable. C'est un défi délicieux de représenter la magie et l'invisible au théâtre."

À projet ambitieux, distribution ambitieuse. Biyouna, grande actrice et chanteuse algérienne, interprète le rôle-titre : "La Célestine est un personnage qui me parle : elle a une dimension tragique, une folie, une force dangereuse. C'est une figure féministe au fond, qui combat contre le pouvoir de l'homme. Sur scène, on chante, on danse, je dis même parfois des mots en arabe car, à cette époque, avant la Reconquista, tous les peuples étaient mélangés, toutes les religions cohabitaient. C'est une belle pièce pleine d'influences diverses qui transmet non pas une culture ibérique mais méditerranéenne, je dirais même universelle."
Zoom par Samuel Ganes
Paru le 10/01/2009

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