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© K Legendre


Le rendez-vous de Marie-Céline avec Véronique Genest
“C’est avec ’Mary Poppins’ que j’ai eu la révélation”
Elle est sur la scène de la Gaîté-Montparnasse avec "Madame Butterlight", un "seule-en-scène" de son cru, dont la recette est composée d'ingrédients qui lui sont indispensables : humour, spontanéité et sincérité.
"C'est moi sans être moi"

On arrive en même temps à l'hôtel Murano. Moi, sur mes pieds et elle, sur le scooter de son époux. Elle enlève son casque libérant sa tignasse rousse flamboyante. J'enlève mon bonnet libérant ma crinière d'un autre roux. Il se dégage d'elle un capital-sympathie. Elle a cette joie de vivre éclatante des gens qui vivent en plénitude. "Je suis une grande épicurienne !", lance-t-elle en me précédant dans l'hôtel, après avoir avoué s'être fait plaisir en dévorant au Flore un bon gros chocolat chaud et une tartine de pain beurré. Elle a l'habitude des interviews et ne montre aucune lassitude, mais du plaisir. Elle vous fait le cadeau de prendre cela comme une grande conversation entre vieilles connaissances.

La révolte d'une femme
Chocolat oblige, on parle régime. "Y'en a marre de la dictature de la maigreur ! Est-ce l'aspect extérieur qui compte ? Ou l'image que l'on a de soi. Les médias ont leur part de responsabilité et les mannequins sont les premières à en souffrir. Mon livre a pour titre '46/38, Guerre et Poids', les deux tailles mesures. L'une que l'on ne doit pas dépasser et l'autre qui est utopique." Elle se lève, se montre fièrement. "On oublie que la morphologie compte. Même mince je ne rentre pas dans un 38 ! Et puis, merde ! ", conclut-elle, se rasseyant dans un grand éclat de rire. "Cela ne m'empêche pas de faire de l'humour !" Elle devient sérieuse. "En revanche, ma cure m'a appris l'équilibre alimentaire. Je faisais des régimes à la con, maintenant, je ne mange plus monolithique. Je mange des proportions, plus petites et, surtout, variées." Le B.a-ba d'un bon repas sage qui donne un coup de fer à notre ligne. "Là, si je refaisais un peu de sport ce serait bien, enfin de la marche ! Mais, je n'ai pas le temps, je cours, mais en scooter."

Du livre à la pièce
J'ai cru comprendre que la pièce était tirée du livre et que cela parlerait régime. Elle rit, "pas du tout !". Mais elle explique que sans l'ouvrage, il n'y aurait pas eu la pièce. "Mon petit frère Frédéric m'a demandé que je lui lise mon livre. Ce que j'ai fait via Webcam, car il vit au Maroc. Et là, j'ai compris que c'était comme un monologue." Louis-Michel Cola, le directeur de la Gaîté-Montparnasse, a confirmé l'idée qu'il y avait de quoi faire quelque chose et qu'il était prêt à l'accueillir chez lui. "Alors, je me suis écrit un truc. Au début, je suis partie dans l'idée d'un stand up, quelque chose pour faire rire, où je parlerais de ma cure, du métier, de la femme... Cela ne m'a pas satisfaite."

George Clooney
Bien, mais ce sera quoi alors ? "J'ai alors décidé d'écrire une véritable pièce de théâtre en un acte mettant en scène une comédienne qui a été choisie pour jouer à Paris une pièce de théâtre avec George Clooney." Ben là, Mesdames, mes yeux s'écarquillent, George, rien que ça. "What else !" "Une pièce qu'il tourne dans le monde entier, un pays, une actrice. C'est son agent qui l'a mise sur le coup et elle a été choisie sur photo... retouchée. C'est la cata. Une heure avant le rendez-vous avec Clooney, elle se rend au théâtre et s'aperçoit qu'elle ne rentre pas dans la robe et encore moins dans les vers de la pièce. Eh oui, je me suis écrit des vers !" Elle m'en donne un aperçu. C'est assez bien tourné et surtout très drôle. Elle me raconte le thème de ladite pièce, une sorte de drame romantique, avec empereur, impératrice, Shogun et gâteau empoisonné. "Comme elle pense que la pièce ne lui correspond pas, elle se met à digresser."

Le regard amical
Elle parle avec gourmandise de son spectacle, de ce plaisir qu'elle a eu à écrire ce texte. "Il y a des confidences personnelles, mais c'est moi sans être moi." Elle a choisi de le mettre en scène, mais il lui fallait pour l'aider l'œil amical d'Alexis Desseaux. "Pour un travail aussi personnel, je me voyais mal faire confiance à quelqu'un d'extérieur. On se connaît bien." Il est dans les Julie Lescaut depuis des années. "Il peut canaliser les énergies. Il fait partie de ceux dont le talent m'ont fait grandir. Il est le premier à m'avoir parlé de théâtralité. J'ai aimé sa manière de voir les choses." À l'écouter, il est évident qu'elle sait très bien où elle veut aller.

La bonne étoile
Ce qui est visiblement un trait de sa personnalité. Elle raconte qu'elle a toujours voulu faire ce métier. "C'est avec 'Mary Poppins' que j'ai eu la révélation. J'ai compris que le cinéma donnait la possibilité au rêve. Quand on a de l'imagination, que l'on joue, on peut tout inventer. Jouer, c'est garder la part d'enfance. Je suis une sensitive et une intuitive. Quand je suis arrivée à Paris à 18 ans, je ne savais pas trop comment m'y prendre, mais je savais que je voulais faire ce métier. J'ai frappé aux portes, épluché les annonces du Film français. Tout a commencé avec 'Nana'. J'ai eu beaucoup de chance, je suis tombée au bon moment et au bon endroit." Elle a joué au théâtre, avec Kalfon, Freiss, Auteuil. "Et dans 'Le Crépuscule des lâches", une pièce délirante de Martin Lamotte sur la guerre. Elle a démarré avec le début de la guerre du Golfe. Ce fut quelque chose... C'était en 1991, après il y a un trou." Et ce trou s'appelle Julie Lescaut.

Julie
On ne peut éviter le sujet, dix-sept ans que les aventures de Julie passent à la télé. "Et je ne me sens pas canonique !" Mais pour beaucoup de gens, elle fait partie de la famille. "Imaginez, une petite fille qui a vu les 'Julie' à 10 ans. Aujourd'hui, elle a 27 ans, elle a un gosse qui regarde aussi. 'Julie Lescaut', c'est six épisodes à tourner par an, c'est du temps et du boulot. C'est dur de faire les deux choses en même temps. J'ai demandé des aménagements pour pouvoir être sur scène jusqu'en mai. Je n'aurai pas terminé que je commencerai à tourner." Son souhait est que les spectateurs qui viendront voir son spectacle trouvent leur bonheur. "J'espère avoir le même résultat qu'avec mon livre. Sur mon MySpace, les gens m'ont laissé plein de messages, et celui qui le revenait le plus était : 'Ça m'a donné la pêche !'"
Portrait par Marie-Céline Nivière
Paru le 26/02/2009

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