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Mélanie Thierry
© Peter Lindbergh


Baby Doll
Tennessee Williams a écrit le scénario de "Baby Doll" pour Elia Kazan qui réalisa le film en 1956. Il s'inspira de deux de ses pièces datant des années 40. Des décennies plus tard, en 1978, il refonda son scénario en une pièce intitulée "Tiger Tail" (pratiquement jamais jouée même aux États-Unis). Dans les années 2000, Lucy Bailey, metteur en scène anglais, a monté "Baby Doll" au théâtre, en puisant à la fois dans les pièces et le film. C'est cette version, traduite par Pierre Laville, que présente le théâtre de l'Atelier.
Benoît Lavigne met en scène

Après avoir travaillé avec Roger Louret et au théâtre-école du Passage, Benoît Lavigne a créé sa propre compagnie, Les Saltimbanques. Il a monté Crébillon, Panizza, Molière, Shakespeare et Tchekhov... mais aussi Jean-Christophe Barc et Woody Allen dont il avait mis en scène "Adultères" à l'Atelier.

"J'ai eu un vrai coup de foudre pour le thème de Baby Doll, j'ai été frappé par sa modernité et sa violence. L'adaptation de Pierre Laville conserve cinq personnages, les trois protagonistes principaux, Tante Rose et un employé de l'exploitation, Moïse. Toute l'action se déroule dans la maison. C'est une histoire de vengeance qui passe par la séduction, la manipulation et le désir puisque c'est aussi la rencontre, explosive et chaotique, d'une très jeune femme et de deux hommes. On y voit les thématiques chères à l'auteur : l'écroulement du vieux monde, qui vacille sur ses principes et qui éclate avec l'arrivée d'un étranger qui va bousculer cette société archaïque dans une Amérique en ruines et en crise (ce qui nous ramène à notre actualité). Les personnages évoluent dans une violence permanente où les démons de chacun se libèrent. D'où une peinture très forte de l'intime tant dans le désir que dans la solitude. Mais elle contient des moments extrêmement drôles et jouissifs !"

Monique Chaumette est Tante Rose

Revenir sur sa carrière, c'est tourner des pages et des pages d'une des plus belles périodes de l'histoire du théâtre et du cinéma. Cette grande comédienne a débuté au TNP de Jean Vilar, côtoyé Gérard Philipe, épousé Philippe Noiret en 1962, et participé à d'immenses succès aux côtés des plus grands.

"J'aime découvrir de nouveaux partenaires, dont les metteurs en scène. Benoît Lavigne m'a choisie parce qu'il pense que je suis proche du personnage. Elle ressemble quelque part au personnage de 'Tantine et moi', dans lequel il m'a vue. Tante Rose, c'est celle qui dépanne, qui soulage la famille. Elle est toujours prête à aider, mais elle vit dans un monde de rêves, alors elle est très distraite et on la bouscule un peu. Protectrice avant tout, elle ne juge rien ni personne, elle est juste présente. Lors des premières lectures, les rapports que j'ai eus avec Benoît m'ont plu. Un metteur en scène a une perspective d'ensemble, à nous de lui apporter les détails. Lui amener de la matière pour le guider, lui 'révéler' des choses qu'il n'a pas toujours senties sur le personnage, l'éclairer, c'est comme ça que j'ai été formée depuis toujours. Et cela correspond exactement au processus de création de Benoît !
Benoît Lavigne : "Oui, elle va ouvrir une porte, je vais en ouvrir une autre. Les acteurs qui proposent, qui sont en création, j'adore ça. On ne trouve rien dans le rapport de force et le conflit. Si l'on n'est pas amoureux de ses comédiens, il faut changer de métier."

Mélanie Thierry est Baby Doll

Comédienne depuis l'âge de 12 ans, Mélanie fit une belle parenthèse dans le mannequinat en dépit de sa petite taille. C'est sans conteste Le Vieux Juif blonde qui l'aura révélée aux yeux de tous sur les planches. Elle entre aujourd'hui dans la peau d'un personnage paraissant taillé sur mesure pour elle.
"Pour moi, Baby Doll c'est une enfant qui va devenir ado, puis femme, en découvrant une myriade de sentiments : la sexualité, la sensualité, l'amour. Elle ignore tout de la méchanceté et du machiavélisme auxquels elle va être confrontée. Je la trouve fondante, délicieuse, je m'éclate à la jouer ! Et puis, ce rôle me poursuit depuis des années : fan de Kazan, j'ai vu ce film plus de vingt fois. Alors, il y a plus de dix ans, en cours chez Pygmalion, j'ai travaillé des scènes du film (je ne connaissais pas la pièce). J'ai recommencé chez Raymond Acquaviva et j'ai voulu faire pareil chez Cochet... mais ce n'était pas le genre de la maison... Aujourd'hui, je suis Baby Doll, c'est miraculeux la façon dont les choses se passent dans la vie !"
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 06/02/2009

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