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© Jean-Pierre Lupi


Patrick Bosso
Sur scène comme dans la vie
Patrick Bosso nous a d'abord fait rigoler en parlant de l'OM et autres sujets qu'il traitait avec une exagération toute marseillaise. Mais depuis "Du bonheur", il nous raconte ce qu'il est, sa famille, ses potes qu'il nomme "collègues"... parvenant à nous émouvoir "grave" ! "La Courte Échelle" est son tout nouveau spectacle.
Patrick, comment s'est opéré ce tournant autobiographique ?
La première fois qu'on a rendez-vous avec une fille, on met son plus beau pantalon, ses plus belles chaussures, sa plus belle chemise. Parfois ça fait trop... eh bien, pour mes premiers spectacles j'ai fait pareil ! Il a fallu que d'autres, Jean-Michel Ribes, Jean-Marie Gouriau, voient ce que je n'osais pas montrer. Alors, j'ai parlé de ma mère et de ma grand-mère pour la première fois. Le public a aimé, reconnaissant les personnages de ma vie comme un des leurs. Le succès de ce spectacle m'a donné un quitus pour aller encore plus loin dans l'émotion, sans oublier le rire bien entendu ! L'idée de cette suite est venue le jour où j'ai demandé à ma fille de 15 ans : "Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?" Elle a répondu "Je sais pas." Immédiatement, mes propres souvenirs ont ressurgi...

La Courte Échelle parle donc de votre adolescence ?
Oui, c'est moi, à 14 ans, qui m'amuse, rêve, fait des bulles y compris sur mon bulletin et même pas bon au foot ! Avec sa bande de quatre, ce gamin a souvent recourt à la "courte échelle" pour entrer gratuitement à la piscine ou ailleurs. À cette époque, il est loin de se douter que c'est grâce à un petit nuage, en forme de nounours qui lui sourit et qu'il est seul à voir, qu'il trouvera sa voie. En attendant, sous la pression familiale, il peine car, entre ciel bleu et tableau noir, il a vite choisi (d'ailleurs, aujourd'hui encore, je peux rester des heures à flâner). Autour de lui, il y a les profs, la famille et les collègues. Ce spectacle est plus difficile, car j'y interprète bien plus de personnages, héros de ma vie devenus héros de la vie.

Donnez-nous des exemples ?
Mon grand-père, tatoué de la tête aux pieds. Sur la plage, avec mon cousin, pas besoin de BD, on lisait mon grand-père. Il y a aussi le gardien de mon immeuble qui le menait comme un capitaine, son paquebot. Ce sont des personnages felliniens, avec des femmes à la poitrine aussi généreuse que leur âme. La vie n'était pas rose tous les jours mais leur faconde entraînait la joie. On a parfois du mal à le croire, mais tout ce que je raconte est vrai de vrai. En me mettant en scène, Gil Galliot m'a juste poussé à développer certains personnages, à les "fleurir". Et puis, il y a Marseille, que j'aime tant depuis que j'habite Paris et dont je préfère, pour l'instant, raconter le côté solaire.

Quels sont vos projets ?
L'écriture du prochain spectacle, sur Marseille... et Deferre... Je vais en surprendre plus d'un ! Mais surtout descendre me faire dorloter par ma mère, me goinfrer de marrons et revoir mes collègues, avant d'attaquer la Comédie de Paris le 17 janvier !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 15/01/2009

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