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Jean-François Balmer
Sarah Cassenti


Jean-François Balmer
interpréte « Novencento », la pièce de Alessandro Baricco, jeune prodige de la littérature italienne
Une pièce à trois personnages musiciens et trois instruments, mise en scène par Franck Cassenti, grand amateur de jazz, et mise en musique par Aldo Romano.
Avec cette carrure qui impose spontanément le respect, ce timbre de voix d'où émane une séduction qui se pimente d'une pointe d'autorité, cette élégance naturelle, il vient à l'esprit que Jean-François Balmer aurait pu être capitaine au long cours. Dans le bateau qui sert de décor à Novecento, pianiste, il n'est pourtant qu'un simple trompettiste qui se met à raconter une histoire extraordinaire et hors du temps.

Starter Plus : Quel est le thème de Novecento, pianiste ?

Jean-François Balmer : C'est l'histoire un peu dingue mais tellement plausible d'un homme, né et abandonné sur un bateau, qui y grandit, n'en descendra jamais et devient un pianiste de génie, une figure de légende dont les gens disent qu'il joue une musique qui n'existe pas.
C'est sans doute cette expérience de la différence qui lui confère un regard hors du commun sur le monde et explique l'artiste qu'il est.

S P : Comment définiriez-vous l'écriture d'Alessandro Baricco ?

J-F B : Complètement flamboyante, généreuse, avec un style et un univers qui mélangent de façon très subtile la réalité et le fantastique. Sa pièce dit, infiniment et puissamment, des choses sur la création, sur ce mystère et sur le courage qu'il faut y investir. À première vue, cela parle d'enfermement, mais en réalité, c'est de choix dont il s'agit, de son choix de ne pas quitter le bateau pour composer cette musique-là. Une pièce impossible à résumer en deux mots, qui évoque ces créateurs de génie qui, comme Mozart ou Glenn Gould, ont produit quelque chose d'humain et de presque inhumain à la fois.

S P : En tant que comédien, comment aborde-t-on une telle prose ?

J-F B : Avec l'idée qu'il y est question de musique et qu'il faut révéler celle que recèle le texte. Se mettre à l'intérieur des mots et des situations qu'ils créent, en allant chercher l'exacte température, la couleur rigoureusement juste de l'approche voulue par l'auteur, et non pas selon l'idée que l'on peut s'en faire. La donner juste, parfois dans le mot, parfois en le cachant un peu, en y mettant du soleil ou au contraire en l'ombrant légèrement.

Après plus de quarante films au cinéma et plusieurs triomphes au théâtre (avec, entre autres, Le Faiseur de Balzac et Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute), Jean-François Balmer évoque cette nouvelle escale théâtrale avec une passion dévorante. Un enthousiasme authentique et communicatif qui donne d'ores et déjà envie de larguer les amarres et d'embarquer à ses côtés.
Portrait par Xavier Leherpeur
Paru le 01/09/2000

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