Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

Arnaud Gidoin
© Greg Soussan


Entre 15 h 00 et 15 h 30
Au théâtre Michel
Élisa Maillot, Patrick Zard', Arnaud Gidoin sont à l'affiche du théâtre Michel, depuis le 25 juillet dernier, dans la nouvelle comédie de Jean-Claude Islert. Visiblement heureux de se retrouver dans cette embrouille conjugale, sous la direction de Jean-Luc Moreau.
Quel a été le travail en amont pour monter cette pièce ?

Élisa Maillot :
On a démarré l'aventure de manière soudaine. Nous avons lu le texte "à la verticale", c'est-à-dire répété texte en main, en travaillant les personnages avec les indications que nous donnait Jean-Luc Moreau. C'est une mécanique implacable, qui demande une grande précision, un texte avec une rythmique du quotidien très difficile à mettre en place.
Patrick Zard' : Le projet est venu entre Jean-Claude Islert (l'auteur) et moi. J'avais joué sa dernière pièce Délit de fuites à La Michodière, et l'on avait envie de travailler ensemble de nouveau. Nous avons proposé cette pièce au théâtre Michel, qui en avait examiné beaucoup, et nous a choisis. Jean Luc Moreau a ensuite constitué l'équipe avec Arnaud et Élisa, et nous nous sommes mis à répéter...
Arnaud Gidoin : On connaissait le travail de chacun. Je connaissais celui de Patrick, nous n'avions jamais joué ensemble, mais nous avions été sur le même rôle, en remplacement, dans Quand la Chine téléphonera. J'avais vu Élisa dans Un petit jeu sans conséquences et d'autres pièces. Sentir que l'on pourrait se retrouver sur scène était déjà très excitant. En lecture, cela sentait bon... Après, c'est Jean-Luc Moreau qui a allumé le pétard ! Il avait surtout une vision incroyable de la pièce. Lorsque l'on a lu le texte, il savait exactement ce qui ferait rire. C'était rassurant.
P. Z. : Dès qu'il sentait une petite faiblesse, dans un passage ou un autre, il demandait à Jean-Claude Islert, présent à toutes les répétitions et extrêmement disponible, de modifier le texte.
A. G. : Un véritable travail d'équipe, car nous aussi nous pouvions proposer certaines choses.

Est-ce l'humour d'un auteur, d'un metteur en scène, de chaque comédien ?

E. M. :
Les trois réunis. C'est d'avoir rassemblé ces trois talents qui explique que la sauce prenne. Si l'exécutant n'est pas à la hauteur de la demande, le texte ne passera pas. Il faut que l'écriture, la mise en scène et les acteurs soient assemblés pour que l'on ait de la comédie !
A. G. : Il faut aussi l'envie ! Si les comédiens n'ont pas envie de faire rire avec un texte, cela ne marche pas. Nous avons été choisis peut-être parce que nous venions d'horizons différents et que nous avions un côté humoristique chacun dans notre CV qui correspondait aux personnages. C'est un télescopage.
P. Z. : Même dans la démesure, nous allons toujours chercher la sincérité.

Cela cache-t-il une grosse somme de travail ?

E. M. :
C'est comme quelqu'un qui voudrait courir 1 000 mètres sans entraînement. Il n'en ferait pas 300. Il faut que durant cette pièce d'une heure trente, les spectateurs n'aient pas la sensation d'un effort, que ce soit comme si l'on courait 1 000 mètres chaque jour, dans des chaussons de danse et sur les pointes ! On ne doit pas montrer l'effort.

Est-ce le théâtre de divertissement qui remplace le Boulevard de jadis ?

P. Z. :
C'est un vrai Boulevard, qui se revendique comme tel et que l'auteur assume. Et nous aussi ! Nous jouons un Boulevard, en apportant des personnalités plus modernes.
A. G. : Si le style de cette pièce est vraiment boulevardier, on va lui apporter quelque chose de nos horizons différents, une fraîcheur. La recette restera inchangée, mais la sauce sera peut-être plus pimentée.

Le titre reste toutefois assez énigmatique...

P. Z. :
Que s'est-il passé entre 15 heures et 15 h 30 ? C'est toute la question ! L'affiche reflète bien le spectacle : une comédie moderne, très bien construite. C'est assez proche de ce que pourrait écrire Ray Cooney.
A. G. : C'est une écriture qui respecte la mécanique du rire. Lorsqu'on la lit, on est obligé de rire ! Parfois les textes sont un peu vendus d'avance, on vous dit : "Ça je l'ai écrit pour toi", et, en le lisant, on est déçu que l'on ait pensé à nous pour ça ! Parfois, sur l'affiche, on peut lire "comédie" et l'on se dit que l'auteur aurait dû vérifier si cela marchait avant d'apposer cette mention ! Or, là, c'est un beau cadeau. En le lisant je me disais : "Il va falloir que j'assure !" Tous les ingrédients sont présents !
E. M. : Oui, en faisant la lecture, j'ai sincèrement ri et pris du plaisir à découvrir les situations. C'est un vrai bon texte, parfumé, chatoyant : tout de suite on sent que c'est bon !
Dossier par François Varlin
Paru le 06/10/2008

-
Haut