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D.R.


Raphaëlle Farman et Jacques Gay
dans “Les aventures de la diva et du toréador”
Rencontre avec la soprano Raphaëlle Farman et le baryton Jacques Gay, les talentueux et sympathiques créateurs des "Aventures de la diva et du toréador", spectacle lyrique bourré d'humour et de tendresse, concocté dans la tradition des films musicaux de la Metro-Goldwyn Mayer, qui, après avoir cartonné au théâtre de la Gaîté, investit le Petit-Montparnasse.
Après une carrière dans les plus prestigieuses salles d'opéra, pourquoi avez-vous choisi de créer un spectacle lyrique spécialement pour le théâtre ?

Raphaëlle : À l'origine, l'opéra était un genre populaire, un lieu où toutes les classes sociales se confondaient : les airs étaient entonnés comme n'importe quel tube de variétés. Avec l'avènement de la radio et de la télévision, le genre est devenu élitiste, difficile d'accès : un spectacle dure généralement trois heures, est souvent en langue étrangère et pas systématiquement surtitré.
Jacques : L'opéra a également été un peu ringardisé par les divas et ténors chantant chacun de leur côté avec une main sur le cœur ! Maria Callas a révolutionné le genre en y introduisant la dimension théâtrale. Mais aujourd'hui, on est tombé dans un excès contraire : ce n'est plus le théâtre qui est entré dans l'opéra, mais un côté théâtreux, show-business et intello qui n'intéresse plus le grand public.
R. : Nous avons donc voulu créer un spectacle lyrique comique composé de tubes qui collent à nos voix et servent l'histoire. Nous avons aussi instauré des rencontres avec les spectateurs : cela fait vingt ans que nous chantons et nous n'avions encore jamais rencontré notre public !
J. : C'est un spectacle lisible à plusieurs niveaux, qui s'adresse aux mélomanes comme à ceux qui le sont moins. Pour les enfants aussi qui ne voient pas forcément le côté grivois de certaines situations sans pour autant se sentir exclus.

Mais qu'est-ce qui peut conduire ainsi tout droit à l'opéra ?

J. :
Ce sont des métiers de comédiens ! Il faut savoir dire un texte qui n'est pas nécessairement le sien ni le reflet de ses idées ! L'attrait de la scène est aussi irrésistible. J'ai découvert l'opéra à 15 ans, j'étais passionné de musique classique et quand je me suis aperçu que je pouvais faire carrière, le choix a été vite fait !
R. : Je n'étais pas du tout passionnée d'opéra jusqu'à ce que je découvre ma voix et le plaisir immense que l'on peut avoir à le chanter...
J. : Et nous nous sommes rencontrés sur scène il y a douze ans, sur le seul opéra contemporain que nous ayons jamais chanté de notre vie !
R. : Je faisais la princesse et lui le gueux, ce qui lui allait comme un gant !

À vous entendre, il semblerait que vous entreteniez les mêmes relations dans la vie que sur scène !

R. :
Tout à fait, nous nous sommes inspirés de nos propres personnalités ! Comme la vie passe vite et qu'elle n'est pas forcément marrante, nous avons envie de champagne et de nous amuser. Les spectateurs nous remercient pour la bouffée d'oxygène que nous leur apportons !
J. : Je vous le confirme pour ce qui est de l'utilisation de la cravache ! Le spectacle nous ressemble dans le sens où nous rions beaucoup de nous-mêmes et aimons nous mettre en difficulté !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 11/10/2008

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