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© François Darmigny


Patrick Sébastien
homme-orchestre et homme libre
Imitateur, humoriste, acteur, réalisateur, chanteur, producteur-animateur d'émissions de télé, Patrick Sébastien est encore président d'un club de rugby... À la rentrée, il produira aussi l'humoriste Yves Pujol aux Variétés.
Pourquoi Yves Pujol ?
Je ne peux pas travailler avec des gens qui ne me plaisent pas. Je fonctionne au coup de cœur. J'aime les gens qui m'éclatent. Quand j'ai vu le spectacle d'Yves Pujol, j'ai vraiment beaucoup ri. Et en rencontrant l'homme, j'ai complètement flashé sur lui. C'est un type bien ! Nous avons de nombreuses valeurs en commun.

Quel est votre rôle ?
Je ne suis pas un producteur à part entière car ce n'est pas mon métier premier. Mon but, c'est de donner une chance, de mettre le pied à l'étrier, comme Serge Lama ou Annie Cordy l'ont fait avec moi. Papa ou copain selon les cas, je conseille sur le plan artistique car j'ai l'expérience à la fois des médias et de la scène, mais je n'oblige à rien. Ainsi, j'ai présenté des auteurs à Yves et il a fait son propre choix. Mais toute la logistique, c'est Nana (Nathalie Boutot) qui s'en occupe. Notre petite boîte de prod est libre et indépendante. Moi, je mets l'argent qu'il faut mais, attention, je ne suis pas un mécène. Si mon but n'est pas de gagner de l'argent, je ne veux pas en perdre. J'en ai gagné beaucoup avec Canteloup, ça n'arrive pas tous les jours !

Vous avez produit Nicolas Canteloup ?
Oui, à ses débuts, comme Dany Boon ou avant encore, Albert Dupontel. Aujourd'hui, hormis Yves, je produis le nouvel album du chanteur Jamait, un artiste dont le registre est très éloigné du mien mais j'aime ce qu'il fait et, encore une fois, l'homme qu'il est. Demain ce pourrait être un peintre, qui sait ?

Comment vous situez-vous par rapport à d'autres producteurs ?
La plupart sont des hommes d'affaires qui vendent un produit, ce n'est pas mon cas. J'appartiens à la catégorie des passionnés ! Mon travail de fond c'est la mise en valeur de l'artiste. Pour moi, "l'artiste a le savoir-faire, le producteur a le faire-savoir". Car en aucun cas le producteur ne "fait" l'artiste. Et si "mes"artistes trouvent un autre producteur pour les amener plus loin, je ne me bats jamais. Ils sont libres. Je m'occupe de moi-même déjà et ce n'est pas facile !

En quoi cela consiste-t-il ?
En règle générale, je me lève à midi et me couche à 6 heures du mat. Je pars tous les jeudis dans ma province m'occuper de mon club de rugby avec des gens qui se foutent pas mal que je sois Patrick Sébastien. C'est une vraie passion ! Dans la vie, on perd trop souvent la notion de l'acte gratuit. Pas moi, je reste bénévole et, pourtant, j'y ai beaucoup de responsabilités. Le reste du temps, je me partage entre télé, radio sur RTL, production, écriture de bouquins... et, parfois, je fais l'artiste. Je viens aussi d'enregistrer un disque pour faire la fête. Il s'appelle Ah... si tu pouvais fermer ta gueule. Ce sont des chansons anti-"bling-bling", pour les "gens d'en bas", ceux qui vont dans les bodegas, qui n'étalent pas leur fric..., des gens normaux, comme je les aime, avec qui je me sens bien. Mais je suis aussi à l'aise au Bal de la Rose avec le prince Albert car il y a partout des gens humainement intéressants. Et j'essaie d'éviter les pièges du métier, les endroits où on va être "vu" et les journaux people !

Qui êtes-vous ?
Je viens d'un milieu où l'on n'avait pas d'argent. Je n'oublie rien. Je fais aujourd'hui partie de ceux qui ont des privilèges, parce que je me suis battu pour les avoir. Les deux mots qui me guident sont liberté et plaisir. Et un aphorisme aussi : "Ça ne sert à rien d'acheter un matelas neuf à crédit si le prix du crédit t'empêche de dormir !" Je refuse les artifices. Je ne prends ni médicaments, ni drogue, ni tranquillisants, je ne bois pas et ne vois pas de psy, c'est pas mal à 55 ans ! J'ai des valeurs : honnêteté, droiture, franchise. Et si je travaille plus c'est pour rêver plus, pas pour gagner plus ! Une preuve ? Si je voulais faire du pognon j'aurais produit Shirley et Dino au lieu de seulement amorcer la pompe parce que je les aimais. J'ai toujours été considéré comme un ringard. Ça ne me dérange pas car les modes passent et moi, je suis toujours là, trente ans après !

Vous pensez à l'avenir ?
J'ai organisé ma vie autour du plaisir, alors c'est sûr, je ne vais pas m'emmerder jusqu'à 70 piges ! Bientôt, je changerai ma façon de travailler, par exemple en gardant mes seules activités artistiques. Je referai sans doute un spectacle d'imitations et la tournée des plages avec mes musiciens. Mais je ne planifie pas grand-chose pour l'instant, sauf à garder la propriété des images de mes émissions que moi, j'ai inventées. Il y a des raretés, des séquences uniques qui sont ma banque perso car elles vont passer et repasser. J'ai tout le temps de les exploiter...

Yves Pujol

Né en 1965 à Lille par accident, il rentra bien vite dans son pays, la Provence. Son parcours artistique débute par le théâtre et la musique avec le groupe Aïoli qui mêle chansons rigolotes et sketches. "Faire de la musique avec des copains, c'est ma récréation. Voyager avec des coéquipiers, partager de bons moments, c'est complémentaire au fait d'être seul en one-man." Sa rencontre avec Georges Wolinski le décide à se tourner vers le one-man-show. Ils écrivent ensemble J'adore ma femme. Son humour est populaire, parfois grivois, jamais méchant. Son nouveau spectacle aux Variétés ? "C'est la base du premier, retravaillé et nourri de nouveaux sketches écrits avec les auteurs de Nicolas Canteloup. Les jeunes, les vieux, les femmes, les hommes, l'adoption, les bombes anti-agression... bref la société d'aujourd'hui. Ça traverse les générations comme les classes sociales, car nous avons tous les mêmes difficultés dans nos rapports hommes-femmes. Bien entendu, je force le trait et exagère les défauts car je m'amuse de ce que je suis." Sa rencontre avec Patrick Sébastien ? "Aïoli avait fait sa première partie et nous avions bien accroché. Je suis allé à Paris lui montrer ce que je faisais. Depuis, nous travaillons ensemble et avec Nathalie Boutot. Je sais qu'ils ne me feront jamais faire ce que je ne sens pas, ni ne me mettront dans un endroit où je ne veux pas aller. Ils aiment les artistes ! Une confiance s'est installée, je fais tout pour les conforter par mon travail. Et humainement parlant, je les adore." Son mode de fonctionnement ? "Ayant choisi mon métier, je m'entoure de gens qui me plaisent et j'ai besoin d'une certaine liberté pour avoir du plaisir !
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 17/10/2008

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