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D.R.


Dominique Pinon
“Il existe un autre rire pour contempler le monde !”
À partir du 23 septembre, Dominique Pinon et Charles Berling se retrouvent sur la scène de L'Atelier pour "Fin de partie" de Samuel Beckett. L'un - Berling - met en scène l'autre, Pinon. Une collaboration artistique, et un plaisir de partager l'affiche et le plateau.
A-t-il le sentiment d'être le comédien "fétiche" de certains réalisateurs ? Même s'il n'aime pas beaucoup le terme, Dominique Pinon sait bien que Jean-Pierre Jeunet ne prendra pas sa caméra sans penser à lui. "Les réalisateurs aiment bien travailler avec moi, c'est tout !" Le cinéma lui offre de très beaux personnages ; le théâtre aussi. Il suffit de repenser à cet Hiver sous la table de Topor, qui lui valut le Molière du meilleur acteur, ou dernièrement au Roi Lear, mis en scène par Laurent Fréchuret. Un rôle que l'on présente souvent comme une consécration théâtrale. "Dire cela fait fuir les gens ! Ce qui fait un comédien, c'est la multitude de rôles qu'il a pu jouer. On parle du 'Roi Lear' comme étant LA tragédie, mais c'est une pièce faite aussi de truculence, où il y a de la chair, des larmes, du rire, des conflits, de la passion."

La première pièce...

Pour cette rentrée, après un été bien occupé sur les plateaux de cinéma, Dominique Pinon s'attaque à Beckett. Fin de partie tient une place importante dans son rapport au théâtre : "Une place essentielle, c'est la première pièce que j'ai vue jouer lorsque j'étais jeune. Elle m'a fait rire d'un rire stupéfait, ébahi. Je découvrais qu'il existait un autre rire pour contempler le monde !" D'autres pièces suivront et lui feront aimer l'auteur d'En attendant Godot et de tant d'autres chefs-d'œuvre. Des pièces contemporaines devenues des classiques. "Lorsque l'on aborde ces auteurs, il y a une espèce d'appréhension comme si c'était des monuments. Mais c'est une écriture très simple. En répétant avec Charles Berling, nous avons suivi les didascalies, très importantes chez Beckett ; on a jeté les graines et on a regardé comment elles poussaient ! C'est en répétant que la pièce dévoile ses mystères."

Un genre théâtral

Berling, justement. Ils jouent ensemble pour la première fois, bien qu'ils se croisaient régulièrement dans les coulisses du théâtre de l'Atelier quand ils étaient programmés à des horaires différents. Ensemble, ils abordent ce genre théâtral sur lequel tant de clichés, trop de préjugés circulent. "On dit que c'est un théâtre sombre, pessimiste, laconique. Je le trouve au contraire très humain, tragique et drôle. Le tragicomique de l'existence humaine. Je n'ai pas envie de le classer dans le théâtre de l'absurde. Il y a dans cette pièce un rapport dominant-dominé, maître-esclave, valide-invalide, c'est le principe de celui qui ne peut vivre sans l'autre. Cela ne finit jamais. C'est une pièce immobile et qui avance !"
Interview par François Varlin
Paru le 09/10/2008

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