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D.R.


Maxime
À 42 ans, l'auteur du sketch "Le Portier" ("Tu passes, tu passes pas"), a gagné en maturité et en maîtrise de la dérision. Dans "Maxime en 12 rounds", il nous raconte sa vie pour qu'on s'en moque allègrement... et ça fonctionne !
Ce titre, c'est un clin d'œil à votre sport préféré ?

J'ai un grand respect pour le travail du boxeur. Parfois dix à douze mois de sacrifice pour trois minutes, si ça se passe mal, c'est dur ! Pourtant, gamin, j'ai fait deux combats interclubs... et me suis rendu compte que je n'aimais pas frapper sur quelqu'un qui ne m'avait rien fait ! Déjà que je trouve toujours une excuse à celui qui me fait quelque chose... Mais depuis toujours, je boxe devant la glace pour me détendre avant d'entrer en scène. C'est l'une des raisons qui expliquent le choix du titre.

Alors, c'est que votre vie est un combat ?

Quelque part oui. C'est, certes, beaucoup plus dur pour certains que pour ma petite personne. Mais, tout n'a pas été rose. J'ai eu à trouver le moyen de relever la tête, de prendre du recul et de me battre pour que le bonheur soit au rendez-vous... De toute façon, un combat de boxe, c'est un condensé de la vie : dans ce sport, on essaie d'esquiver les coups, dans la vie, il faut parfois esquiver les cons ! Mais si je me livre, c'est pour faire rire. Donc, j'extrapole, j'embellis, je grossis. Je passe ma vie au tamis de la dérision. Pourtant, même si je mens un peu, je suis sincère.

Cela se ressent d'autant plus que, pour la première fois, vous ne vous cachez plus derrière des personnages. Quel a été le déclic ?

Mon fils aîné ! Je cherchais des idées pour ce spectacle, il m'a dit : "Papa, tu te prends la tête à imaginer des trucs. Parle de toi, des anecdotes qui te sont arrivées, tu pourras faire dix spectacles !" Il avait raison. Ça me permet de revenir aux sources. De parler de Roubaix où j'ai passé vingt-sept ans avant d'aller à la capitale... Lille ! De me remémorer tous les chemins que j'ai pris pour arriver jusqu'à aujourd'hui...

Quels sont ces chemins ?

Certains suivent une route toute tracée. La mienne a bifurqué très souvent. J'ai l'impression d'avoir vécu de nombreuses vies. Parce que j'ai côtoyé différents milieux, de la rue au show-biz en passant par les voyous, les flics, les bourgeois... Je me rends compte à présent que j'ai voulu être le témoin de beaucoup de choses pour m'en nourrir et retirer le positif de chacune.

Justement à la quarantaine, on dresse souvent un bilan. Quel est le vôtre ?

J'ai commencé dans la rue. Danseur de hip-hop, j'espérais qu'un producteur, passant, ébloui, me propulserait en haut de l'affiche, au cinéma ! Ce rêve je l'ai toujours. Mais j'ai arrêté les bourdes que je faisais en voulant aller trop vite. L'équipe qui m'entoure (Nicolas Perron, mon attaché de presse, Muriel Belgy, mon agent, Philippe Delmas, mon producteur et mes fidèles amis, Christian et Phi-Phi) m'a aidé à me poser, à me concentrer sur l'essentiel et à tirer les conséquences de mes erreurs passées. Je ne cours plus après mes rêves, si les choses doivent venir, elles viendront. Mais je garde pour le cinéma un penchant particulier. Je suis un boulimique de ces histoires qui m'emmènent ailleurs, où je me prends pour quelqu'un d'autre... Et surtout, j'ai un projet de spectacle lié au ciné. Et puis un autre à deux personnages car, aujourd'hui, mon seul partenaire c'est le public. Je lui demande beaucoup et il répond présent, c'est merveilleux !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 12/09/2008

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