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D.R.


Claire Nadeau
pour La Divine Miss V.
À partir du 17 septembre, Claire Nadeau incarnera Diana Vreeland - redoutée et vénérée rédactrice en chef du magazine américain "Vogue" de 1963 à 1971 -, sur un texte de Jean-Marie Besset et une mise en scène de Jean-Paul Muel.
Pour quelles raisons avez-vous choisi d'interpréter ce monologue de Mark Hampton et Mary Louise Wilson ?

L'initiative vient de Laurent Grégoire, mon agent, qui avait vu cette pièce à Bruxelles dans cette adaptation de Jean-Marie Besset et qui cherchait une idée pour me faire travailler un petit peu ! Je connaissais Diana Vreeland pour avoir lu quelques articles la concernant dans des magazines de mode. Jean-Paul Muel, qui est très curieux et fait bien son travail, est allé sur Internet chercher tout ce qu'il pouvait trouver sur elle. Il y a énormément de matériel car elle a été filmée, a donné des interviews. C'était une bonne femme extraordinaire, souvent présentée comme quelqu'un de superficiel car travaillant dans la mode. Mais quel que soit le domaine dans lequel on exerce son talent, il faut en avoir. Et la mode est tout sauf futile : la manière de s'habiller est le reflet d'une personnalité, d'une classe sociale, d'une époque. Diana Vreeland était un esprit très original, extravagant, pas du tout formé pour ce métier, issue d'une famille bourgeoise : elle ne s'est mise à travailler que pour gagner de l'argent ! Ceux qui l'ont engagée ont immédiatement repéré sa vision très personnelle de la mode et du vêtement. Ce fut une créatrice, elle a découvert des photographes qui ont fait des carrières exceptionnelles... Mais comme toutes les personnalités admirées, elle fut aussi haïe, d'autant qu'ayant beaucoup de pouvoir, elle était assez cassante et pas sirupeuse pour deux sous ! Lui est arrivé ce qui est arrivé à toutes celles qui l'ont précédée et suivie : virée du jour au lendemain, chose qu'elle ne pouvait imaginer ! Mais elle a réagi avec panache... La pièce commence à ce moment-là. Humiliée, de retour à New York après un voyage en Europe pour accuser le coup, elle se retrouve confrontée au problème de l'argent, d'autant qu'elle avait un niveau de vie assez conséquent. Elle tente d'inviter des milliardaires à dîner mais tout le monde se dérobe ! Un ami veut la caser au Metropolitan Museum. Elle trouve cette idée pénible, en deçà de ses compétences, mais ses amis se débinant, se rendant compte en lisant les journaux qu'elle n'est plus personne, elle finit par s'y résoudre. Et une fois de plus, sa contribution aura été exemplaire pour la muséographie des costumes. Elle fut la première à faire entrer des couturiers dans des musées, organisant la première exposition d'Yves Saint Laurent en 1983 au Metropolitan Museum.

Tout en retraçant le parcours de cette femme avec frénésie et dérision, ce texte évoque également la difficulté de se maintenir au sommet d'un système sans pitié...

Cette pièce parle aussi du snobisme et Diana Vreeland ne l'était pas : elle ne s'est jamais pliée au conformisme ambiant, elle était spontanée. Mais quand quelqu'un a du succès, après l'avoir encensé, le sport préféré c'est de le dégommer dès qu'il a un genou à terre...
Interview par Alain Bugnard
Paru le 04/09/2008

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