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D.R.


Hughie
De magnifiques désespérés
Eugène O'Neill, Laurent Terzieff, Claude Aufaure... voici le tiercé gagnant de cette pièce écrite en 1942 comme un roman noir.
1928. West Side, New York. Un hôtel décati... tout comme Erié d'ailleurs. C'est le locataire de la chambre 412. Joueur professionnel, il a l'habitude de se confier à Hughie (prononcer "iouwi"), le veilleur de nuit. Justement, le voici qui rentre après avoir noyé dans l'alcool la perte de Hughie, son "ami", celui qui lui portait chance. Il est 3 heures du mat'. Mais le remplaçant de Hughie a horreur de devoir écouter la vie des clients. Pourtant, celui-ci est à part. Il parle du seul sujet qui le délivre vraiment de sa condition, le seul qui puisse le détourner de sa vision nihiliste de l'existence, j'ai nommé le jeu ! De son côté, Erié, trimbale la même désespérance dont il se départit uniquement en travestissant la vérité sur ses soirées de loser. Alors, il devient le caïd, le gagnant, celui à qui tout réussit, celui que l'on respecte et que l'on envie. Lorsque ses deux personnages se croisent, c'est un bouquet d'illusions qui flambe... Cette brillante métaphore sur les laissés-pour-compte qui ne vivent qu'à travers leurs rêves est signée Eugène O'Neill. Ce texte particulier, fait de monologues et de didascalies, est à lui seul un petit bijou. Il est ici transcendé par ses interprètes. Laurent Terzieff, d'abord, magistral. Tout, de son maintien à son phrasé, donne vie à Erié, jusqu'au bout des ongles, jusque dans ses respirations. Claude Aufaure ensuite, certes moins connu du grand public, mais reconnu depuis longtemps de la profession, qui fait exister avec force un rôle pour le moins difficile. Un magnifique moment de pur théâtre !
Zoom par Caroline Fabre
Paru le 17/06/2008

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