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Avec Pascal Légitimus.
© Richard Schroeder


Mathilda May
dans “Plus si affinités” au Splendid
Au travers d'une vingtaine de sketches, déjantés, colorés et parfois très crus, Mathilda May et Pascal Légitimus décortiquent la rencontre amoureuse sous toutes ses formes, avec la complicité de Gil Galliot à la mise en scène.
Le théâtre vous manquait-il depuis votre dernière prestation en 1994 dans Le Retour de Pinter ?
Oui, mais j'attendais de savoir sous quelle forme y revenir. Ce fut une expérience unique car j'étais entourée d'acteurs exceptionnels : Marielle, Chesnais, Berléand. C'était une mise en scène classique, sans commune mesure avec Plus si affinités, un projet dont je suis à l'initiative. C'est une prise de liberté totale, un choix de sujet, d'écriture, de collaborateurs. J'ai envie d'être responsable de ce qui m'arrive car cette posture d'actrice ou d'acteur conforte dans une forme d'infantilisme : on attend d'être choisie, on est assistée, prise en charge et on compte peu dans le résultat final. Je voulais me donner les moyens de faire des choses qui me ressemblent, ce qui n'a pas toujours été le cas et a cautionné une méprise à mon égard. J'ai des choses à revendiquer, notamment autour de l'humour. Il me fallait un équivalent masculin qui ait cette ironie et cette distance sur lui-même. Pascal Légitimus s'est révélé le partenaire idéal. C'est par le jeu qu'est venue l'écriture, la manière de parler, la gestuelle. Gil Galliot nous a rejoints en fin de parcours pour rendre le tout cohérent. C'est une boîte à idées ! Son spectacle aux Mathurins, Ne nous quitte pas, mérite de cartonner : c'est drôle, inventif, en dehors de tout carcan.

Votre roman paru en 2007, Personne ne le saura, témoignait aussi de votre intérêt pour la rencontre entre les êtres...
Nous sommes le fruit de nos rencontres. On garde tous en soi des restes de personnes qu'on a pu aimer ou croiser. Les rencontres modifient les destins, révèlent, déclenchent des vocations. Dans la réalité se joue une sorte de comédie autour des enjeux de la rencontre amoureuse : un mélange de calcul, de ce qu'on veut montrer et cacher. Il se passe mille choses et le
moment de la rencontre est déterminant : les rôles sont immédiatement distribués et quand il y a rupture quelques années après, on se rend compte que toute la relation en découle. Je trouvais intéressant d'explorer toutes les formes de rencontres amoureuses, dans toutes sortes de contextes socioprofessionnels. Nous nous sommes vite rendu compte que le comportement était conditionné par l'environnement : on ne se comporte pas du tout de la même manière en boîte, dans une expo, dans la rue...

Quel regard portez-vous sur les moyens de rencontres "modernes" que sont Internet ou le "speed dating" ?
C'est du commerce : on stigmatise le célibat comme une maladie à laquelle on apporte des remèdes que l'on fait consommer. Si deux âmes perdues se rencontrent par ces moyens et qu'il en découle une relation intéressante, pourquoi pas ? Mais je n'aime pas ce postulat impliquant qu'une rencontre doit être amoureuse. C'est avant tout une création.
Interview par Alain Bugnard
Paru le 23/04/2008

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