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D.R.


Les Demoiselles d’Avignon
Un tableau de Picasso, Une pièce de Jaime Salom
À l'affiche du Rive Gauche, cette pièce raconte comment un épisode de la vie de Picasso donna naissance à l'un de ses plus célèbres tableaux. Catherine Allégret y fait son retour sur les planches, mise en scène par Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé.
Catherine Allégret

Qu'est-ce qui vous a donné envie de revenir au théâtre ?

Je trouve la pièce formidable. Elle marie profondeur des propos et gaudriole. Elle est gaie et raconte l'origine de cette toile de Picasso. Elle est née au cœur de Barcelone, rue d'Avignon, dans un bordel où le peintre passa le plus clair de son temps entre 17 et 20 ans.

On vous y voit dans la peau d'une tenancière de maison close.
Ce n'est pas la première fois. J'ai entre autres joué dans Mère Courage - pas la mère, j'étais un peu jeune à l'époque pour le rôle, mais Yvette, la prostituée. Une mère maquerelle, c'est une femme de caractère, forte en gueule et tendre, une main de fer dans un gant de velours. Ça me ressemble.

Comment avez-vous travaillé ?
Très vite : un mois de répétitions et on a joué ! La méthode de travail Dravel-Macé est incroyable ! À la première répétition, la mise en scène est entièrement écrite. On fait ce qu'ils disent là car ils savent demander gentiment les choses et on leur fait une grande confiance. Chaleureux, amicaux, ils ont su choisir des comédiens dont la nature colle parfaitement aux personnages. On forme une bonne équipe, c'est important car, dans cette pièce, nous sommes tous dépendants les uns des autres.

Comment vous y sentez-vous ?
Heureuse ! J'adore cette pièce. Je peux m'y exprimer en tant que comédienne et, comme au temps où j'interprétais des comédies musicales, je chante un peu. Et recevoir les vibrations et les réactions instantanées du public me change de la télé et du cinéma, comme c'est agréable !

Olivier Macé fut d'abord l'assistant de Jean-Pierre Dravel. Ce duo a aujourd'hui à son actif 25 co-mises en scène.Pourquoi travaillez-vous ensemble ?
J.-P. D. : Olivier n'a jamais été un "assistant café". Dès le début, nous avons étroitement collaboré. Nous avons continué car nous partageons les mêmes goûts pour choisir nos spectacles, les acteurs, les décors, les costumes... Et, quand quelque chose échappe à l'un, l'autre le voit. Enfin, on a une force de frappe plus importante pour attaquer les producteurs, les directeurs de théâtre.

Pourquoi Les Demoiselles ?
O. M. : C'est l'auteur lui-même qui nous a choisis, c'était flatteur. Jean-Pierre voue une vraie passion à Picasso. Moi, j'ai aimé le fait que cette pièce soit historique (l'auteur a connu Picasso et fait des recherches, il a juste inventé le parcours et le caractère des filles), mais elle n'est pas rasoir (c'est une comédie). D'ailleurs, nous prolongeons cette mission éducative en montrant la toile grandeur nature.

Quelles autres orientations avez-vous prises ?
J.-P. D. : La première fut de demander à Jacques Collard et Nicolas Laugero-Lasserre une adaptation dynamique et sensuelle. Son langage est actuel. Le vocabulaire est un peu cru mais jamais vulgaire. Puis, nous avons privilégié l'esthétisme. Les filles sont sexy. Elles évoluent dans un décor unique un bordel façon bonbonnière, c'est, d'ailleurs, l'un des personnages principaux.

Comment avez-vous trouvé vos comédiens ?
J.-P. D. : J'avais vu Catherine Allégret il y a vingt ans à l'espace Cardin. Sa personnalité d'enfer m'était restée dans la tête. Pour les autres rôles, nous avons auditionné des acteurs que nous connaissions ou non, pour savoir s'ils correspondaient à nos personnages. On est très contents de ces jeunes femmes et ravi d'avoir découvert Félicien Juttner, un acteur intelligent qui sort du Conservatoire.

On vient de fêter le centenaire de ce tableau. Est-ce la raison pour laquelle vous montez la pièce maintenant ?
J.-P. D. : Oh non ! Nous, nous avons dû nous battre pour la monter alors qu'elle tourne avec succès depuis 2001 à Madrid, New York et Mexico.
O. M. : Heureusement que le Rive Gauche existe et ose miser sur des projets différents comme cette pièce chorale et donc sans "vedettes" !
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 17/03/2008

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