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Les Trois Sœurs à la MC93 à Bobigny
“C’est un théâtre qui peut rendre fou, agréablement fou…”
Après "La Demande en mariage",
"Le Tragédien malgré lui" et "L'Ours",
la saison dernière, Patrick Pineau présente une remarquable version
des "Trois Sœurs" de Tchekhov. Un spectacle qui, loin de chercher les effets, célèbre la clairvoyance du théâtre tchekhovien.
Elles sont trois, Irina, Macha et Olga, trois sœurs qui, un an après la disparition de leur père, rêvent d'amour, de liberté, aspirent à changer de vie, à quitter leur province pour rejoindre Moscou et, ainsi, entrer de plain-pied dans l'avenir qu'elles imaginent leur être destiné. Suivant le cours d'idéaux qui s'effilochent pour se changer en désillusions, Tchekhov soumet le quotidien de cette famille à un mouvement de balancier : entre comique et drame, légèreté et gravité, espoir et renonciation. "Cette pièce donne la parole aux femmes de façon sublime", assure Patrick Pineau, "c'est d'ailleurs avant tout pour cela que j'ai décidé de la mettre en scène, pour offrir ces trois grands rôles à Delphine Cogniard, Laurence Cordier et Aline Le Berre". "'Les Trois Sœurs' demande aux comédiens quelque chose de très puissant dans le ventre, mais aussi dans la tête. Tchekhov les place sans arrêt entre les rires et les larmes, il n'installe jamais rien, dit tout et son contraire en permanence. C'est un théâtre qui peut rendre fou, agréablement fou... Tout ce que cette pièce raconte sur l'être humain est d'une lucidité saisissante : ses passions, ses ambivalences, ce qui le trouble, le sens de son existence, le pourquoi de la vie, son rapport à la mort..."

Une troupe de quinze comédiens qui questionne le monde

"Comme le dit très justement Patrick, Tchekhov n'installe jamais ses personnages dans quoi que ce soit de définitif", confirme Aline Le Berre, comédienne qui interprète le rôle d'Olga. "Il faut donc parvenir à atteindre un point d'équilibre qui ne privilégie ni le comique, ni le tragique. Pour cela, nous essayons tous d'être au plus proche du sens, de simplement jouer les situations, le plus sobrement possible. Car Tchekhov propose une écriture suffisamment forte pour ne pas avoir à rajouter des effets." Soucieux d'investir la pente inéluctable des Trois Sœurs, Patrick Pineau et sa troupe mènent leur représentation du plein au vide, d'une forme de lumière à une forme d'obscurité. Dépouillant peu à peu la scène de ses éléments de décor pour arriver à un plateau quasiment nu, donnant corps de façon de plus en plus aiguë aux questionnements métaphysiques contenus dans la pièce, le metteur en scène n'enferme pourtant pas son spectacle dans le pessimisme d'une fin annoncée. "Malgré tout ce qu'Irina, Macha et Olga ont traversé", conclut-il, "elles vont continuer à vivre, sans doute à espérer ; car chez Tchekhov, tout reste toujours possible".
Zoom par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 14/01/2008

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