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D.R.


Stéphan Guérin-Tillié
“J’ai tâché, d’harmoniser les rêves et les images que j’avais en tête mais aussi de réunir et de fédérer”
Il monte "Thalasso", un texte d'Amanda Sthers, au théâtre Hébertot, avec Gérard Darmon et Thierry Frémont.
Qu'est-ce qui, dans cette pièce, vous a séduit pour bâtir une mise en scène ?

J'ai eu un coup de foudre pour cet univers d'humour noir, décalé, de l'art du bon mot sans être trop appuyé, du sens de la repartie. J'ai su intuitivement ce que j'allais en faire. J'ai tout de suite eu des affinités, de
l'empathie avec cette pièce. Je perçois l'écriture d'Amanda Sthers comme une écriture assez anglo-saxonne. Il fallait donc toute la rigueur des Anglo-Saxons lorsqu'ils montent une comédie. Nous avons érigé les fondations de chaque rôle, afin qu'au moment de passer à la légèreté du jeu, il y ait tout un arrière-plan solide.

Est-ce à dire que le travail du metteur en scène ne se manifeste pas que sur le plateau ?

Pour un metteur en scène, le travail avec les acteurs n'est qu'une part - essentielle, car les acteurs sont l'âme d'un spectacle -, mais c'est aussi beaucoup de travail en amont. J'ai plusieurs casquettes : comédien, metteur en scène, réalisateur, et j'essaie de travailler de la manière dont j'aimerais que l'on travaille avec moi. Après, il faut s'adapter à la façon dont chacun perçoit son rôle, puis assembler les pièces du puzzle, suggérer sans imposer, œuvrer en bonne entente. Les répétitions ont été un laboratoire : on expérimente, on cherche, on passe par des étapes...

Une thalasso, voilà un endroit original pour une pièce...

C'est un univers un peu absurde, où les gens passent de soin en soin, se prennent des jets d'eau dans la figure en faisant semblant d'être contents, sont épuisés à force d'enveloppements de boues et d'algues... Amanda Sthers le décrit très bien. Mais je n'avais pas envie de montrer une thalasso réaliste ; un homme sent qu'il va mourir et cherche un successeur à offrir à sa femme. Il parle du cancer comme en parlait Desproges, avec humour. Je suis donc parti dans une sorte de bulle, d'un temps suspendu, où les personnages se mélangent avec leurs histoires différentes. C'est une comédie, même si ce n'est pas le seul aspect que je voulais mettre en avant.

Vous avez partagé l'intimité du travail de grands comédiens pour ce spectacle !

J'ai vraiment désiré les comédiens de cette pièce. Gérard Darmon a un talent, une grâce, une élégance ; Thierry Frémont a l'habitude de proposer des compositions. C'était un privilège de travailler avec eux. Oui, la pièce aurait pu être jouée avec d'autres comédiens, mais pour moi, c'était une évidence de les choisir eux. Peu à peu on s'est apprivoisé. Au départ, c'est une sorte de danse un peu maladroite sur le plateau, puis cela prend forme. Chacun apporte de son talent, de son imaginaire, de ses envies.
Interview par François Varlin
Paru le 20/11/2007

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