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D.R.


Gérard Desarthe
Comédien à la présence fascinante, il joue les plus grands auteurs sous la direction des plus talentueux metteurs en scène, au théâtre, au cinéma et à la télévision. Il est également metteur en scène et professeur au Conservatoire supérieur national d'Art dramatique de Paris. Entre autres récompenses, il a reçu un Molière en 1989. En cette rentrée, aux Mathurins, il partage l'affiche des "Chaussettes opus 124" avec Michel Galabru.
Grands auteurs tragiques, rôles emblématiques, théâtre public... vous ne nous avez pas habitués au registre de la comédie. Ou bien, ai-je loupé des épisodes de votre carrière ?
Oui... entre autres Pirandello qui est un grand "humoriste" ou d'autres pièces où il m'a semblé faire rire le parterre... même dans Hamlet où c'était inattendu ! Mais au cours de ma carrière, je ne me suis jamais vraiment posé le problème de comédie, tragédie, vaudeville, divertissement tragico-comiques et autres. Mes choix dépendent souvent de moments particuliers qui sont très personnels. Je comprends que cela puisse dérouter mais la fonction même du comédien est de se surprendre et d'entraîner le public dans cette surprise !

Que pensez-vous du cloisonnement privé-public, comique-tragique ?
Nous sommes dans un temps d'ouverture... que diable ! Cette spécificité ne devrait plus avoir cours aujourd'hui à l'heure européenne. Posez la même question à un acteur anglais, il risque d'avaler son parapluie !

De quoi cette pièce de Daniel Colas parle-t-elle ?
Je joue un acteur (Verdier) qui va entraîner un autre comédien dans un duo de clowns. Je suis l'auguste, Michel Galabru (Brémont) est le clown blanc. Ils font le même métier et arrivant, en fin de carrière, essayent de monter un spectacle poético-musical clownesque. Le moindre prétexte (les chaussettes, un regard, un silence mal interprété...) vont les conduire vers une "lessive professionnelle et personnelle". Après avoir tout déballé, ils se rendront compte que la différence entre eux n'était pas si grande et que l'amitié, la réconciliation sont possibles. On peut même dire que cette pièce nous questionne sur l'intolérance et ses ravages... d'une façon très drôle et émouvante. C'est une fable humaine, comme beaucoup d'histoires théâtrales !

Pourquoi cette aventure vous a-t-elle tenté ?
J'y suis arrivé le plus simplement du monde : un coup de fil de Daniel Colas me demandant de lire l'une de ses pièces. L'entreprise était périlleuse, surtout avec deux personnalités si fortes ! Il va se passer ce que tout le monde attend : des étincelles, des engueulades sévères et comiques... bien sûr ! Un duo drôlatico-infernal. Tout les oppose, de la vision du monde à la pratique de leur métier. C'est la rencontre la plus improbable du théâtre français !

Comment avez-vous travaillé avec Michel Galabru ?
On ne travaille pas avec Galabru, on l'écoute, on regarde, on apprend, on la ferme et on essaye de suivre ce monstre d'instinct !

Je suppose donc que vous y avez pris plaisir...
Prendre du plaisir en répétition serait un bien grand mot, mais nous faisons tout pour faire plaisir au public... C'est la récompense du comédien !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 02/11/2007

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