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© Isabelle Raymond


Les Bitumeuses
Cette comédie de Delphine Guillonneau met en piste trois quinquagénaires ex- ou toujours prostituées. Elles ne se sont pas revues depuis quinze ans jusqu'à aujourd'hui, leur ancien mac les ayant convoquées chez l'une d'elles... Sous la houlette de Rodolphe Sand, ces trois drôles de dames partagent la scène de la Comédie-Bastille avec Xavier Fagnon
Line Michel

L'envie de devenir comédienne la tenaillait depuis toujours mais elle s'est faite comptable et, au lieu de se présenter au Conservatoire national sur les conseils de son prof de théâtre... elle se maria ! Line continue cependant le théâtre en amateur jusqu'au jour où, à 35 ans, elle saute le pas en créant sa propre compagnie. Dès lors, le public hilare découvre Carmen Cru en chair et en os. Suivront ensuite d'autres rôles marquants dont la fameuse Raymonde des Bidochon et de nombreux succès. Elle aurait bien aimé jouer des rôles "plus profonds, plus graves, plus sérieux" mais "faire rire c'est un vrai bonheur". Rodolphe Sand lui a donc naturellement proposé une autre comédie. "À notre première lecture ensemble on a su que la balance entre le comique et l'épaisseur humaine des personnages était bonne." Son personnage, Rita, a raccroché du bitume et tient un bar. "Elle est autoritaire et s'est endurcie car la vie lui a marché dessus. Ses sentiments, elle ne les montre pas. Elle a toujours su où elle allait et continue. Elle se prostituait pour gagner sa vie, tout simplement. Aujourd'hui, sans états d'âme, elle va prendre ses vieilles copines sous sa coupe pour régler un gros problème. En fait, elle ressemble un peu à Carmen Cru. C'est un personnage dur mais attachant. Le public va l'aimer, j'en suis sûre."


Marion Game

Née, professionnellement, avec Audiard dans Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques, elle a joué avec les plus grands. Après un début de carrière flamboyant, elle est passée du "statut de starlette au vent en poupe, 'bankable' comme on dit aujourd'hui, à celui d'ouvrière du spectacle". "Au lieu d'élaborer une stratégie de carrière, j'ai choisi la vie : j'étais amoureuse, j'ai fait des enfants, fait pousser des fleurs et élevé des yorkshires." Pour autant, Marion est toujours bien présente sur les écrans comme sur les planches. Quand Rodolphe Sand lui propose Les Bitumeuses, elle se voit dans le rôle de Rita. "Ç'aurait été confortable car c'est tout moi, franc-parler et cœur en bandoulière." Mais pour lui, elle est Jenny, "la chaude galette bretonne devenue Jeanne la bourge en épousant l'un de ses riches clients". C'est celle des trois qui a le plus à perdre au retour de son ancien mac. "Pour ce rôle, il a fallu que je rouvre un dossier dont je pensais avoir définitivement tourné les pages : la folliculine ! En effet, en prenant de l'âge, j'ai occulté ma féminité sur scène car j'ai eu l'impression tout au long de ma carrière que ce que je représentais en tant que femme prenait le pas sur mes qualités d'actrice, qu'on ne prenait pas assez au sérieux. Rodolphe m'a confrontée à la difficulté de retrouver parfum et talons et j'en suis heureuse. J'y prends un grand plaisir car il s'agit aussi d'une ancienne bitumeuse. Résultat, je suis en harmonie avec moi-même et je me régale."


Claudine Barjol

Le théâtre ne l'a pas "prise au berceau". Elle était libraire. L'une de ses clientes lui achetait régulièrement des livres pour son mari, prof de théâtre. Intriguée, elle est allée à un cours et n'en est ressortie que pour monter sur les planches du café-théâtre. Car dès sa première audition, on l'a engagée dans une comédie. "Je suis restée fidèle au genre, c'est si bon de faire rire, de faire oublier la fiche de paye, les impôts..." Puis il y a eu Le Petit Théâtre de Bouvard, "une merveilleuse aventure" qui lui a permis d'aller plus loin encore vers l'écriture de téléfilms ou, en ce moment, d'une comédie. La saison dernière, dans les coulisses du Mélo d'Amélie où elle joue dans À mort les jeunes, elle croise souvent Rodolphe. "Nous avons sympathisé, ri ensemble." Il lui a apporté le rôle de Maire Line. "Elle fait toujours le trottoir mais elle est d'une pureté incroyable. Et puis c'est une grande amoureuse. Devenue prostituée par amour pour son mac, elle a oublié ses mauvais traitements pour, dès qu'elle le revoit, retrouver son cœur de midinette. Lucide, elle sera solidaire de ses anciennes compagnes, voire complices, dès l'instant où il menace ce qu'elle a de plus cher. Aujourd'hui, elle est un peu désabusée mais c'est toujours une Fleur bleue du trottoir (...). Je me retrouve complètement en elle car, dans la vie je suis naïve, une 'brave fille' comme on dit pudiquement et puis elle a une gouaille terrible... comme moi !"
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 24/10/2007

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