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William Let
D.R.


Anne Roumanoff
a 20 ans !
Pas de best of ! "Anne a 20 ans" célèbre deux décennies de carrière d'Anne Roumanoff, mais il n'y aura que des nouveaux sketches. Preuve qu'on ne perdure dans ce métier qu'en se renouvelant en permanence. Et Anne, c'est une bosseuse.
Quelle était votre vie il y a vingt ans en 1987 ?
Je sortais de Sciences Po et je tentais ma chance dans des cabarets qui me refusaient tous, mais j'avais l'habitude.

Quel était le sketch fétiche que vous sortiez à chaque casting pour vous vendre ?
J'interprétais des femmes qui donnaient leur vision de la réussite. C'est là que j'ai créé le personnage de Bernadette, une cagole un peu nunuche.

Vous viviez de votre métier à cette époque ?
Je vivais dans un petit appartement au-dessus de chez mes parents qui m'aidaient financièrement. J'ai commencé à gagner un peu d'argent avec La Classe. Je devais toucher 200-300 euros par émission, ce qui était relativement bien à l'époque.

Qu'avez-vous acheté avec vos premiers cachets ?
Je ne dépensais pas cet argent dans des choses glamour : j'achetais des petits trucs pas chers dans les marchés à Barbès pour meubler mon appartement comme des bassines en plastique ou des crochets pour les torchons. En revanche, ma première grosse dépense a été de me payer des colonnes Morris pour mon one-man-show.

Vous n'avez jamais été une jeune flambeuse aux chevilles qui enflent ?
J'étais assez saine. Je n'allais pas au Banana Café, je ne prenais pas de cocaïne, je n'ai jamais fumé de pétards... en étant artiste, c'est un peu incongru. En même temps, je ne sais pas si j'aurais pu abattre la quantité de travail que j'ai abattue si j'avais été sexe, drogue and rock'n'roll.

Quels sont vos meilleurs souvenirs en vingt ans de carrière ?
C'est le coup de fil qui m'annonçait que j'étais prise à La Classe sur France 3. Je pensais que c'était une erreur. Il y a eu aussi mon engagement aux Blancs-Manteaux en 1987. Je n'osais pas m'arrêter de peur qu'on me prenne ma place. J'ai dû jouer sept mois, six jours par semaine sans oser prendre un jour de congé. Le lancement de Rien à cirer sur France Inter avec Laurent Ruquier a aussi été un moment important. Là également, j'ai été présente tout le temps. J'ai dû louper une fois l'émission : le jour de mon mariage.

Dans votre spectacle, vous interprétez une femme qui a abusé de la chirurgie esthétique. De votre côté, comment réagissez-vous aux commentaires désobligeants que certains artistes font sur votre physique ?
Sur le coup, c'est assez douloureux. Je ne peux pas dire que je m'en fous, mais à partir du moment où l'on a du succès, c'est courant. Je suis plus touchée par les gens qui disent que je ne suis pas drôle. Mais la meilleure réponse c'est que je suis là depuis vingt ans, que mes salles sont pleines, que je fais 200 dates par an et que je les emmerde.
Interview par Frédéric Maurice
Paru le 10/08/2007

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