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D.R.


Myriam Boyer
interprète "La Vie devant soi"
Faisant suite au roman d'Émile Ajar (alias Romain Gary) ainsi qu'à la performance cinématographique de Simone Signoret, Myriam Boyer porte à la scène - sous la direction de Daniel Delprat - le rôle de Madame Rosa. Un personnage pour lequel la comédienne ressent une tendresse particulière...
"Peut-être que pour la première fois, en jouant La Vie devant soi, j'aurai vraiment du bonheur sur scène, je veux dire un réel plaisir de comédienne", se prend à envisager Myriam Boyer en anticipant les premières représentations programmées pour le début du mois de septembre. "D'ordinaire, tout est très différent. Car rendre les choses évidentes, tenter de faire exister l'impossible sur un plateau, représente un travail lourd et difficile. Or, cette fois-ci, c'est le contraire : l'évidence est déjà là. L'évidence du texte, de mon personnage, de la situation... Tout est présent, concret, lumineux, dans ma chair, comme si finalement incarner Madame Rosa allait juste revenir, pour moi, à faire du théâtre, à jouer sur scène. Ce qui ne veut pas du tout dire que cela ne représente pas de travail. Mais je crois qu'en puisant dans mes expériences, tant privées que professionnelles, je trouverai aisément le chemin menant à cette femme que je connais bien, pour laquelle je ressens une grande tendresse, beaucoup d'amour." En reprenant le flambeau de Simone Signoret ("Simone, c'est mon Dieu", proclame-t-elle), Myriam Boyer investit ainsi à son tour l'histoire d'amour filial qui lie un petit garçon musulman à une vieille femme juive vivant dans un quartier populaire de Paris, une ancienne prostituée "élevant les mômes de ses copines du trottoir".

"Tout est présent, concret, lumineux, dans ma chair..."

Discours sur l'amour, la mort, les religions, les origines raciales, l'apprentissage de la vie, la tolérance... : La Vie devant soi résonne, plus de trente ans après sa sortie en librairies, comme un écrit aux préoccupations étonnamment contemporaines. "Ce n'est pas un roman visionnaire, c'est pire !", déclare la nouvelle interprète de Madame Rosa. "Romain Gary n'a pas écrit ce que l'on va entendre aujourd'hui. C'est le contexte de la société actuelle qui révèle la force exceptionnelle de La Vie devant soi, qui crée de nouveaux niveaux de sens. Il s'agit d'un texte d'une richesse insoupçonnée..." Un texte auquel Myriam Boyer se prépare en assurant que la prestation de Simone Signoret ne pèsera pas sur sa propre appréhension du rôle. "Lorsque j'aborde un personnage, je suis d'une virginité absolue", explique-t-elle. "Je ne me laisse jamais encombrer, plomber ou même aider par quoi que ce soit. Par exemple, je ne suis vraiment pas du genre à relire tout Romain Gary. Le film, c'est pareil, je me suis bien gardée de le revisionner. Ce qui me plaît, c'est de faire fonctionner mon propre imaginaire, c'est d'écrire sur une page de théâtre totalement blanche."



Interview express Xavier Jaillard, adaptateur de "La Vie devant soi"

Dix ans après avoir signé l'adaptation théâtrale de "La Vie devant soi", Xavier Jaillard voit enfin son texte prendre corps sur scène. Un texte pour lequel il a souhaité garder ses distances tant avec le roman de Romain Gary, qu'avec le film de Moshé Mizrahi.

De quelle façon avez-vous abordé votre travail d'adaptation ?
Je me suis enfermé avec le livre de Gary pendant près de quatre mois. J'ai commencé par procéder à un travail d'éclatement, en faisant pratiquement du phrase à phrase. Puis j'ai reconstruit une histoire, qui est bien sûr la même histoire que celle du roman original, mais qui est organisée un peu différemment, ayant pour vocation d'être montrée et incarnée sur un plateau de théâtre.

Vous avez donc, d'une certaine façon, essayé de ne pas coller au texte de Romain Gary...
Exactement. J'ai tenté d'oublier le fourmillement du roman afin de redonner à cette histoire, qui a tendance à partir un peu dans tous les sens, une trame d'une heure trente. Je crois que pour adapter un texte littéraire au théâtre, il faut le mettre à plat, oser le trahir pour vraiment créer de la matière théâtrale. Cette forme d'infidélité à la forme concourt finalement à mieux servir le fond du texte de départ.

Dans quelle relation au film vous êtes-vous placé ?
J'ai tout simplement essayé de l'oublier, de ne pas du tout m'y référer. Ce que j'ai voulu construire, c'est vraiment une pièce, un texte autonome et profondément théâtral.

Dossier par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 27/08/2007

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