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©B. Conte


Jacques Nichet
met en scène “Faut pas payer !” de Dario Fo
Après un large succès public et critique la saison dernière ("Faut pas payer !" a obtenu le prix Georges-Lerminier 2006 du Syndicat de la critique dramatique), Jacques Nichet reprend la virulente comédie du Prix Nobel de littérature italien au Théâtre des Amandiers de Nanterre.
Selon vous, quels sont les fondements de l'adhésion quasi unanime qu'a suscitée Faut pas payer !, la saison dernière ?
Je crois que ce succès est principalement dû à la pièce de Dario Fo qui, paradoxalement, alors qu'il s'agit de l'une de ses œuvres les plus célèbres et les plus montées dans le monde, n'avait pas été présentée dans un grand théâtre institutionnel français depuis la mise en scène de Jacques Échantillon, en 1980. Il y avait donc une véritable attente de la part du public qui de plus, dans la période de consensus actuelle, a sans doute été frappé par l'audace de la pensée de Fo, par sa fantaisie, par sa conception engagée d'un "théâtre-tribune" se mettant au service d'une cause.

Quelle cause cette pièce défend-elle ?
Celle du droit de chacun de manger à sa faim. Lorsqu'il écrit Faut pas payer !, en 1974, Dario Fo annonce exactement tout ce qui se passe depuis des années en France et dans d'autres sociétés occidentales. Si j'ai décidé de mettre en scène cette pièce, c'est pour donner une réplique artistique à la situation sociale d'aujourd'hui. Car il est absolument aberrant que dans un grand pays comme le nôtre on puisse admettre que des gens souffrent encore de la faim ou du froid, qu'une organisation comme les Restaurants du cœur soit encore, chaque année, submergée de demandes.

Faut pas payer ! n'est pourtant pas une pièce pontifiante ou moralisatrice...
Non, c'est tout le contraire ! Dario Fo fait exploser le drame par le rire, compose une fable pleine de fougue, d'imagination et d'extravagance. Il s'agit d'une pièce extrêmement tonique, jubilatoire, de laquelle on ressort totalement ragaillardis. J'ai le sentiment qu'une telle comédie, à la fois aussi profonde et aussi drôle, constitue une denrée assez rare. C'est aussi pour cela que j'ai décidé de travailler sur ce texte. Car je crois que le rire est quelque chose d'essentiel à l'homme. Je me suis donc moi-même attaché à construire une représentation très fluide, ludique, épique, qui prenne ses distances avec toute idée de misérabilisme ou de pesanteur. En fait, Faut pas payer ! fait naître une réalité théâtrale qui s'emballe pour nous mener vers une forme de folie. Cette folie théâtrale correspond à la folie de notre société qui semble s'être résignée à accepter l'extrême dénuement dans lequel vit une partie de nos concitoyens.


L'Histoire...
"Les prix ne cessent de grimper, une centaine de femmes d'une banlieue ouvrière ont envahi un supermarché, raflé des produits alimentaires sans passer par la caisse. Très vite, la police les poursuit jusque dans les escaliers des grands immeubles. Pour échapper à la perquisition mais surtout pour éviter d'avouer la vérité à son mari, Antonia cache son butin sous le lit..." (J. Nichet)



Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 23/04/2007

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