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©R. Durand de Girard


Éric Bouvron
“Bushman” au Studio des Champs-Élysées
Né d'un père français et d'une mère grecque, il a vécu en Afrique du Sud jusqu'à 22 ans. Alors qu'il y était considéré comme LE metteur en scène-comédien-danseur du moment, il quitte tout pour suivre l'École Lecoq, à Paris. Aujourd'hui, son deuxième spectacle montre que les Bushmen, ce n'est pas seulement "Les dieux sont tombés sur la tête" !
Votre premier spectacle, Afrika, évoquait déjà l'Afrique...

Oui je parlais de l'Afrique mais en me calquant sur ce que l'on faisait en France. Je me suis alors rendu compte du décalage entre le public et moi, nous n'avions pas les mêmes codes. Cela m'a obligé à "rester" en Afrique et à imposer ce qui venait de moi. J'ai donc trouvé mon identité, mon langage. Bushman est l'aboutissement de ce travail. J'en suis fier car il est profondément personnel. J'y raconte des histoires, j'imite les animaux, je joue, danse, mime, il y a de la musique, des photos, des films, des marionnettes... et des silences !

Pourquoi les Bushmen ?

Ado, j'ai vu un documentaire qui m'a marqué à jamais. Un Bushman assis à même le sable racontait la chasse, avec son corps, ses mains, sa voix, des bruitages. Il m'a fasciné. C'est comme une petite graine qui s'est mise à germer en moi. Avec ce spectacle, je veux emmener les spectateurs en voyage, découvrir les Bushmen comme je l'ai fait.

C'est-à-dire ?

J'ai lu des livres, vu des films mais j'ai aussi vécu avec eux dans leur réserve, en plein désert du Kalahari, en Namibie. J'ai donc appris que des recherches ADN prouvent qu'ils sont parmi les premiers hommes de la planète. Je raconte aussi la façon naturelle qu'ils ont d'être en harmonie avec la nature : ce peuple ne s'approprie pas la terre, il en fait partie, la respecte. Je compte sur la curiosité des Français pour me suivre dans ce voyage qui sera aussi bourré d'anecdotes drôles et empreint de joie de vivre et d'aimer. On y verra par exemple une danse que m'ont apprise les enfants. On apprendra aussi les codes de la séduction bushman, comment conserver de l'eau en plein désert pendant des semaines ou encore des épisodes bien plus douloureux de leur Histoire... Ainsi, chacun, petit ou grand, y cueillera sa part de vérité, de rêve et de rire !

Le processus de création semble avoir été long ?

Il a pris cinq ans. Mais j'ai appris la patience, la valeur du travail et que faire rire demande beaucoup de sérieux. Et puis j'arrive à un âge où si mon corps ne peut plus faire certaines choses, je trouve le moyen d'y arriver. Une des grandes étapes fut de montrer mon travail aux Bushmen car j'avais besoin de leur bénédiction. D'ailleurs, quand je joue, il me semble qu'ils sont présents. Aussi me suis-je astreint à ne jamais travestir la vérité, au plus, le l'embellis car je veux aussi émerveiller, surprendre et réveiller le coin d'enfance qui sommeille en chacun.
Interview par Caroline Fabre
Paru le 02/04/2007

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