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©Laurencine Lot


Claudia Morin
Une somptueuse matinée d'été, le cadre idyllique d'un jardin en fleurs, un homme et une femme à l'abri du monde et de ses humeurs. La seule présence muette d'un étranger aux frontières de leur royaume suffira à ébranler la forteresse de leurs certitudes... Jusqu'au 5 mai, au théâtre Mouffetard, la metteuse en scène et comédienne Claudia Morin, illustrera la fable sociale d'Harold Pinter qu'est "Une petite douleur".
Quel est le propos de cette Petite douleur ?

Harold Pinter dénonce la vanité d'un milieu aisé au travers de tics d'une classe sociale. Il montre comment un intellectuel nanti, enfermé dans son monde, peut se laisser déstabiliser par un marchand d'allumettes qu'il n'a aucun moyen d'atteindre - leur langage n'étant pas le même. Ce décalage entraîne évidemment des situations cocasses. Mais cette Petite douleur reste l'histoire d'un homme qui perd un rang qu'il croyait acquis. Tout son système d'éducation, de pensée, de rapports sociaux s'effrite au contact de ce marchand avec lequel il n'y a pas de liens possibles. La lutte des classes est ainsi présente sans être soulignée au crayon rouge. Il est aussi question du couple. Ce bourgeois malmène son épouse tant il ne supporte pas qu'elle lui soit indispensable. Pinter montre combien des êtres très bien élevés peuvent se révéler d'une vulgarité effrayante.

Quelles directions avez-vous données à votre mise en scène ?

Un caractère abstrait et contemporain. Le traducteur René Fix a fait ressurgir la crudité d'un texte d'une actualité extraordinaire sur la mobilité des êtres humains, et mon partenaire sur scène, Jean-Gabriel Nordmann, a cette distance anglo-saxonne, cette conscience du monde si tragique que seul l'humour permet de supporter.
Interview par Alain Bugnard
Paru le 23/03/2007

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