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D.R.


Jean-Denis Monory
pour “Éclats baroques” Au Théâtre du Ranelagh
"Le Médecin malgré lui", "Contez-moi Monsieur Perrault", "Andromaque", "Tabarin et son maître" et d'autres créations encore exhumeront le théâtre baroque, tel qu'il se jouait au Grand Siècle, dans le cadre d'un festival inédit ponctué de rencontres, de conférences et d'ateliers. Avec la passion et l'enthousiasme qui le caractérisent, Jean-Denis Monory, comédien, metteur en scène et fondateur de la compagnie La Fabrique à théâtre, nous révèle les plaisirs infinis d'un genre retrouvé !
Qu'avons-nous à apprendre du théâtre baroque ?

J'ai découvert ce théâtre en 1997 et appris un langage que je ne connaissais pas, celui du XVIIe siècle, dont usaient ceux qui avaient à parler en public : les acteurs, les chanteurs, les docteurs, les courtisans... Cette technique dramatique, en tant que comédien, m'a ouvert des horizons fondamentaux. Le jeu baroque est en effet l'adversaire du jeu psychologique "moderne". C'est le "corps" qui décidait du comédien, pas sa psychologie mais sa voix, sa manière de bouger, son énergie. Tels étaient les critères de l'époque. Il n'y avait d'ailleurs pas de metteur en scène : l'auteur donnait quelquefois des directions, les comédiens connaissaient leur partie. Il fallait également savoir "chanter" le verbe car c'est presque du chant, une musicalité précise à apprendre, avec des nasalisations, des "l" mouillés, des "r" roulés... Et dans ce théâtre, la gestuelle est primordiale. Elle évoque les arts ancestraux comme le nô japonais ou le kathakali indien. Cette forme de théâtre est apparue en France au XVIIe siècle pour se diluer dans le courant du XVIIIe siècle, le romantisme ayant imposé une autre manière d'écrire et de jouer dont nous sommes les dépositaires. Refaire vivre le théâtre baroque, c'est redécouvrir un art du jeu avec des codes précis, qui sont en nous, qu'on comprend, qu'on saisit, mais que nous avons presque oublié. Des critiques de l'époque disaient qu'un pas, un seul mouvement suffisait à faire trembler une salle entière !

Comment le public réagit-il à cette forme de théâtre ?

Le public adhère tout de suite. Ce théâtre a toutes les chances de devenir très populaire. Il passionne d'ailleurs les 15-30 ans. Pour deux raisons. D'abord, car ce sont des textes qu'ils croient connaître mais qu'ils redécouvrent totalement avec cette technique de jeu. Ils réalisent ensuite que le théâtre "classique" n'est pas un art figé dans une convention. Pour ma part, je pense que s'il rencontre autant de succès, c'est que notre société a besoin de beauté et de repères. Louis XIV est connu pour cette esthétique qui lui est propre et qui a marqué les siècles suivants d'une trace indélébile : le beau intelligent, le beau qui touche. Le Médecin malgré lui fait rire, bien sûr, mais on est aussi ému par la grâce d'une image, d'un geste, d'un mot qui résonne.
Interview par Alain Bugnard
Paru le 25/04/2007

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